Archives du mot-clé Ecrilecture

La version anglaise d’ « écrilecture scientifique » est publiée

Thématiques : Interfacesponsable de la thématique

http://eu.wiley.com/WileyCDA/WileyTitle/productCd-1786301253.html

Couverture de la version anglaise de l'ouvrage coordonné par Évelyne Broudoux et Gérald Kembellec sur l'Ecrilecture scientifique

Couverture de la version anglaise de l’ouvrage coordonné par Évelyne Broudoux et Gérald Kembellec sur l’Ecrilecture scientifique


Ce livre est introduit par Manuel Zacklad. Vous y retrouverez des chapitres de collègues du Dicen : Thomas Bottini, Évelyne Broudoux et Gérald Kembellec, Lisa Chupin, Camille Claverie et Annaïg Mahé.

Livre Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques

Thématique : Interfaces

Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques

Humanités numériques et construction des savoirs

Février 2017, ISTE éditions, Londres
ISSN : 978-1-78405-220-1
eISNN : 978-1-78405-220-0

Résumé

Les pratiques liées aux usages de lecture « savante » se sont perpétuées au cours des siècles et les annotations sont elles-mêmes devenues objets d’études, comme plus-values des textes originaux et documents. Historiquement reconnues depuis le XIIe siècle, les premières techniques de lecture dites « savantes » réunissaient la lecture et l’écriture dans un processus de lettrure, mêlant lecture attentive et commentaire. Le web a transformé cette activité par l’ajout de couches techniques concernant à la fois les processus d’écriture et de lecture, mais aussi la circulation des textes, leur augmentation potentielle et réalisée, leur diffusion et leur réception.
Cet ouvrage a pour objectif d’examiner à l’heure de l’écrilecture informatisée les conditions matérielles de co-construction des savoirs scientifiques et leur augmentation. Sont donc présentés ici des études et retours d’expérience concernant les processus intellectuels instrumentés, les espaces de critique ouverts, l’édition savante collaborative, les modalités de circulation et de médiatisation des savoirs, les techniques élaborées et les outils employés.

Couverture de l'ouvrage "Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques"

Couverture de l’ouvrage « Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques »

Coordonnateurs :

(afficher/cacher)

Evelyne BROUDOUX
Dicen-IdF
CNAM
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Gérald KEMBELLEC
CNAM
Dicen-IdF
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Auteurs :

(afficher/cacher)

Francesco BERETTA
Pôle Histoire numérique, Larha-CNRS UMR5190
CNRS
Lyon

Thomas BOTTINI
Dicen-IdF
CNAM
Paris

Evelyne BROUDOUX
Dicen-IdF
CNAM
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Lisa CHUPIN
Dicen-IdF
CNAM
Paris

Camille CLAVERIE
Dicen-IdF
Université Paris-Ouest
Nanterre

Viviane CLAVIER
Gresec
Université Grenoble-Alpes
Grenoble

Hans DILLAERTS
Ceric-Lerass
Université de Montpellier 3
Montpellier

Marc JAHJAH
Cresat
Université de Haute-Alsace
Mulhouse

Gérald KEMBELLEC
CNAM
Dicen-IdF
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Rosemonde LETRICOT
Larha-CNRS UMR5190
Université Jean Moulin Lyon 3
Lyon

Annaïg MAHÉ
URFIST de Paris
Université Paris-Sorbonne
Dicen-IdF
Paris

Céline PAGANELLI
Université de Montpellier 3
Ceric-Lerass
Montpellier

Lise VERLAET
Université de Montpellier 3
Ceric-Lerass
Montpellier

Manuel ZACKLAD
CNAM
Dicen-IdF
Paris

Appel à communication : Écrilecture augmentée dans les communautés scientifiques

Labex Hastec

Humanités numériques et construction des savoirs (extension de la date de soumission de résumé)

Le web et les technologies associées au lien hypertexte sont à l’origine d’environnements de lecture enrichie dont nous avons commencé à établir une photographie sous plusieurs angles : celui de l’innovation logicielle et ceux des usages actuels et à venir. Cette lecture enrichie qui repose sur des actes scripturaux nous a incités à reprendre le concept d’écrilecture théorisé par Pedro Barbosa dans sa thèse de 1992 et né de la rencontre des pratiques littéraires créatrices avec l’ordinateur. Alain Vuillemin l’avait repris pour caractériser ce nouveau comportement du lecteur entraîné dans des manipulations créatrices face à l’écran. Nous situons l’écrilecture dans l’évolution des pratiques historiques de construction de l’érudition et pensons à la « lettrure » observée dès le moyen âge qui, comme le rappelle Emmanuel Souchier, désignait une seule et même activité. Réservées à une élite de « lettrés », la lecture et l’écriture étaient pensées comme un seul processus, constitué par des actions liées et complémentaires dans lesquelles l’activité de lecture, hautement structurante, permettait au récepteur de la connaissance construite de devenir acteur par l’enrichissement des idées transmises. Ce procédé intervenait par capitalisation intellectuelle et agrégation avec sa réflexion dans une transformation scripturale et pouvait être matérialisé sur le support physique au moyen de marginalia, notes de bas de page et autres annotations. Aujourd’hui, les processus d’écrilecture sont soutenus par de multiples fonctionnalités logicielles et rendus autonomes par raisonnement computationnel sur la sémantique.

Les pratiques liées aux usages de lecture « savante » se sont perpétuées au cours des siècles et les annotations sont elles-mêmes devenues objets d’études, comme plus-values des textes originaux ou documents à part entière. Les enrichissements peuvent être observés sous un angle épistémologique par la construction de l’autorité, ou sous des éclairages philologiques, paléographiques sur les documents originaux ou encore prosopographiques en éditorialisant les biographies et bibliographies d’auteurs enrichies de notices d’autorité. Si nous observons, par exemple les collections léguées à des musées et bibliothèques, les notes manuscrites ajoutées par leurs propriétaires aident à la réception située des œuvres, à comprendre leurs inspirations et l’interprétation spécifique qu’ils avaient des ouvrages étudiés. Le commentaire, la critique implicite ou explicite des écrits sont en effet de précieux atouts pour juger, en complément de l’œuvre, de la compréhension d’un auteur sur des écrits antérieurs et de sa réception sur le sujet traité, tout du moins la manière de le traiter. La posture épistémologique émerge donc parfois de manière implicite par l’analyse des corpus d’annotation, mais parfois aussi de manière très explicite par la critique annotée dans les ouvrages étudiés.

D’une manière générale, l’écrilecteur est un sélectionneur, un acteur qui de par ses pratiques est directement associé à la transformation du texte lu et plus généralement des documents – sous la forme d’annotations et de commentaires. En effet, la typologie documentaire fait ressortir la pluralité de matérialités d’objets observés et des grilles de lecture associées. Si un certain nombre d’outils d’écrilecture ont été élaborés ces vingt dernières années dont il serait utile de dresser des typologies et des bilans d’appropriation par les communautés concernées, de nouveaux modèles sont en cours d’élaboration. Souvent basés sur l’enrichissement automatisable des références, ces nouveaux modèles interrogent la notion d’augmentation qui – évoquons le point de vue d’H. Arendt – provient de l’autorité : ce que l’autorité augmente c’est la fondation (augmenter = augere). Rappelons que cet objectif d’augmentation a concerné « l’intelligence humaine » dès les années 1960 avec NLS (oN-Line System), le dispositif logiciel issu du projet de recherche de Douglas Engelbart intitulé « Human augmentation framework ». Dès ses origines, le Web était éditable depuis Nexus, le premier navigateur pensé par Tim Berners Lee. Une approche historique retraçant les grandes étapes de l’écrilecture informatique pourrait mettre en perspective l’entrelacement de l’ingénierie avec les approches des sciences humaines et sociales.

La multiplication potentielle des fonctionnalités interroge la qualité de la lecture et ses modifications : quels défis sont à relever par l’enseignement face aux lectures close, hyper et machine décrites par Katherine Hayles ? Quelles conséquences pour la lecture face à sa verticalisation ?

Les données scientifiques, textuelles ou multimédias, sont numérisées à grande échelle par les communautés scientifiques, les États et les sociétés privées. Avec l’avènement du Web social et de la sémantique proposée par les contenus liés sur le Web dans les moutures successives pensées par Tim Berners Lee, il est devenu possible de transposer de manière systématique, sinon aisée les corpus documentaires des sciences humaines vers un espace numérique accessible unique accessible à tous de manière simultanée et de les lier pour en faciliter l’exploitation savante dans l’idée de ce que l’on appelle les humanités numériques.

Certaines productions documentaires scientifiques nativement numériques, multi, cross et transmédias reposent sur la collaboration massivement distribuée (citizen science) ou internalisent la réception des publics. De nouveaux modèles éditoriaux restent donc à imaginer où les réponses des lecteurs pourraient augmenter et diversifier les corpus « sémantisés », leur exposition peut en être facilitée si une indexation adéquate a été réalisée sur les plateformes de diffusion.

Nous appelons donc, à la suite du séminaire « Ecrilecture », les membres de la communauté scientifique à partager leurs réflexions et retours d’expérience sur le sujet de la co-construction d’un savoir scientifique grâce à des approches innovantes de médiation. Sont attendus pour ce livre, des propositions de chapitres concernant la théorie, les études de cas et les retours d’expérience touchant aux domaines suivants :

  1. Coordination numérique de la construction des savoirs collectifs ;
  2. Construction de la connaissance scientifique par l’annotation ;
  3. Aspects conceptuels : modélisation et réalisation de dispositifs adaptés à l’écrilecture, nouveaux modèles de documents scientifiques ;
  4. Médiation et vulgarisation scientifique en contexte dans le temps et l’espace (géolocalisation / chrono-tagging…) : méthodologies de construction des savoirs augmentés personnalisables par la sémantique (recommandation, détection d’entités nommées, facettes …) ;
  5. Retours d’expériences sur les projets de corpus « sémantisés », l’importance de l’éditorialisation des métadonnées ;
  6. Entrepôts de la science, matière première des humanités numériques : description, normes et interaction ;
  7. Bibliographies scientifiques annotées : l’intérêt d’une approche collaborative dans les unités de recherche ;
  8. Aspects sociohistoriques de la construction de l’écrilecture informatique.

Format

  • Évaluation en double-aveugle
  • Volume des chapitres : entre 30 et 35 000 signes (espaces compris)

Calendrier

  • 7 septembre 2015 21 septembre 2015(prolongation) : date limite d’envoi des résumés d’une page accompagnés d’une courte bibliographie à gerald.kembellec@cnam.fr et evelyne.broudoux@cnam.fr
  • 23 octobre 2015 9 novembre 2015 : notification de sélection des résumés
  • 25 janvier 15 février 2016 (prolongation): réception des chapitres (télécharger la feuille de style)
  • 18 avril 2016 25 mai : retours des évaluateurs
  • 25 avril 2016 10 juin: notification aux auteurs
  • 15 juillet 20161 septembre 2016 : réception des chapitres définitifs, à gerald.kembellec@cnam.fr et evelyne.broudoux@cnam.fr
  • 30 septembre 2016 : envoi des chapitres à l’éditeur
  • Parution en décembre 2016 ou janvier 2017.

Comité scientifique :

  • Aurélien Berra (Paris-Ouest, ArScAn)
  • Evelyne Broudoux (Cnam, Dicen)
  • Ghislaine Chartron (Cnam, Dicen)
  • Orélie Desfriches-Doria (Lyon 3, Elico)
  • Laurence Favier (Lille 3, Geriico)
  • Luc Grivel (Paris 1, Paragraphe)
  • Gérald Kembellec (Cnam, Dicen)
  • Olivier Le Deuff (Bordeaux Montaigne, Mica)
  • Julie Lemarié (Toulouse Le Mirail, CLLE)
  • Annaig Mahé (ENC/Urfist, Dicen)
  • Louise Merzeau (Paris-Ouest, Dicen)
  • Camille Paloque-Berges (Cnam, HT2S)
  • Loïc Petitgirard (Cnam, HT2S)
  • Alexandra Saemmer (Paris 8, CEMTI)
  • Brigitte Simonnot (Université de Lorraine, Crem)
  • Florence Thiault (Lille 3, Geriico)

Éditeur :

ISTE éditions.

Quatrième séance du séminaire écrilecture augmentée sur le Web pour les communautés scientifiques

Labex Hastec
Programme

  • 17h00-17h45 : « Pour une sémiotique critique de l’hyperlien », par Alexandra Saemmer
  • 17h45-18h00 : Appel à communication pour l’ouvrage « Ecrilectures scientifiques » collaboration HASTEC/Dicen/HT2S
  • 18h00-18h30 : Clôture du séminaire et cocktail

Pour la dernière séance de notre séminaire écrilecture, un cadrage théorique viendra proposer une grille de lecture pour les exemples exposés précédemment.
Afin de proposer un modèle d’écrilecture, Alexandra Saemmer nous propose une intervention intitulée « Pour une sémiotique critique de l’hyperlien » afin de penser cette écrilecture en fonction des publics destinataires :


"L'objectif de cette intervention consiste à montrer comment le « texte » médiatique (au sens large, incluant l’image, l’animation, l’interactivité) constitue une préfiguration des pratiques de réception.
Par la prise en compte des conditions de production du texte médiatique, la sémiotique critique rejoint certaines préoccupations de l’économie politique, mais démontre aussi comment les textes peuvent au moins partiellement résister aux déterminations économiques, par leur épaisseur sémiotique même.
Dans l'introduction théorique, je positionnerai mon approche, que j’ai l’habitude d’appeler « sémio-rhétorique », par rapport aux méthodologies d’analyse proposées du côté des Cultural studies. Je proposerai ensuite l’analyse critique « en acte » de quelques exemples de discours repérés dans la presse en ligne en me concentrant sur un phénomène textuel particulier, l’hyperlien."

Nous présenterons les détails et modalités de l'appel ouvert à communication qui sera publié sur le site des Laboratoires Dicen, HT2S et du Labex Hastec.

Infos pratiques

l’adresse de l’Urfist :
17 rue des Bernardins, M° Ligne 10 Maubert-Mutualité
(plus d’infos)

Attention, l’entrée de la salle se fait directement sur la rue par la porte vitrée (et non par l’entrée de la porte cochère).

Séminaire Ecrilecture

Labex Hastec

Programme

Lire la suite