Séminaire Écritures numériques et éditorialisation : saison 2016-17

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Fondé par Sens Public en 2008, à l’initiative de Gérard Wormser et Marcello Vitali Rosati, le séminaire a bénéficié du soutien de l’Iri pendant plusieurs années.
Depuis la rentrée 2015, le laboratoire Dicen-IDF, dans le cadre des travaux de l’axe 4, a rejoint l’organisation du séminaire, qui se déroulera désormais au Cnam pour sa partie parisienne.

 Informations pratiques

Les séances ont lieu le jeudi de 17h30 à 19h30 (heure de Paris) – de 11h30 à 13h30 (heure québécoise)

À Paris :
Cnam 2 rue Conté, 75003 Paris, M° Arts-et-Métiers
Salle 33.3.20 (au fond à gauche de la cour, 3e étage, porte en face de l’ascenseur)

À Montréal :
Université de Montréal – salle C-8041 (Pavillon Lionel-Groulx)

Une captation vidéo des interventions et des échanges sera visible en direct et en différé sur Youtube et sur le site de Dicen-IDF.

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Argumentaire saison 2016-2017 :
L’éditorialisation, entre maîtrise et déprise

Grâce à l’intervention de nombreux chercheurs et praticiens du numérique, et en adoptant chaque année une grille de lecture particulière (la notion de profil l’année dernière, les dynamiques d’élaboration et de circulation des savoirs l’année précédente, ou encore les écritures numériques avec une approche littéraire), notre séminaire a questionné la notion d’éditorialisation et a évalué l’étendue de ses implications.
L’ayant défini comme l’ensemble des opérations, dispositifs, acteurs ou médiations nécessaires à l’intégration et la valorisation des ressources au sein de l’environnement numérique, nous nous sommes plus particulièrement intéressés à l’interaction entre contenus (ou  ressources), environnement technique (réseau, serveurs, plateformes, CMS, algorithmes, moteurs de recherche…), aspects formels et structurels (hypertexte, multimédia, métadonnées) et pratiques (annotation, commentaires, recommandations).

D’année en année, le séminaire a élargi l’acception du mot, allant jusqu’à lui conférer une dimension ontologique, en considérant que l’éditorialisation permet de penser l’espace numérique et plus largement de renouveler une pensée de la production du réel.

Nous cherchons désormais à poursuivre l’exploration de ces processus d’édition ouverts dans l’espace et le temps, pour mieux comprendre comment ils renouvellent l’élaboration et la transmission des savoirs.

Parmi les différents enjeux que nous souhaitons interroger, la place des usagers dans les processus d’éditorialisation fera l’objet d’une attention particulière. Quels sont les nouveaux rapports entre individus, collectifs et producteurs de contenus (entreprises, institutions, développeurs etc.) ? Qu’est-ce qui relève encore d’une maîtrise des dispositifs dans l’éditorialisation, et faut-il accorder une valeur aux formes de “déprise” qu’elle impose aux utilisateurs ? Quelle est la marge de l’usage face aux logiques normatives qui structurent l’environnement ?
Afin d’écarter toute essentialisation du fait numérique, le séminaire de cette année voudrait mener ces questionnements à travers l’analyse d’expériences concrètes. Nous tenons en effet à considérer la matérialité des traces et des écritures, en même temps que la réalité des pratiques et des contextes, pour mettre en relief la variété des processus d’éditorialisation.
On examinera notamment comment ces processus sont susceptibles de transformer ou révoquer les sectorialisations traditionnelles (ex : séparation entre les domaines de la musique et de la vidéo, opposition savant / non savant, pratiques marginales / pratiques main stream…). Ce faisant, on s’efforcera d’en produire une nouvelle catégorisation, en élaborant collectivement une grille de description des nouvelles configurations éditoriales.

Programme

17 novembre 2016
De l’éditorialisation à l’éditorialisation (2007-2017)

bachimont-bruno-smallConférence de Bruno Bachimont

À partir des années 2000 les chercheurs commencent à utiliser le terme d’éditorialisation. En 2007, Bruno Bachimont en propose une définition précise, comme processus de redocumentarisation de ressources en contexte numérique, et la relie explicitement au contexte des pratiques documentaires, en particulier dans le domaine des archives audiovisuelles.

Dix ans après, comment la notion s’est-elle enrichie ou déplacée ? En quoi le terme est-il encore opérationnel ? Son inscription dans l’univers de la documentation doit-elle être repensée ?

Nous avons invité Bruno Bachimont à revenir avec nous sur cette histoire du mot et de l’idée d’éditorialisation, pour l’interroger sur ce qu’il appelle « l’économie de la variante à l’ère du numérique » et pour mieux circonscrire les chantiers qui restent à explorer.


15 décembre 2016
De l’édition à l’éditorialisation (faire métier d’éditeur dans l’environnement numérique)

Comment l’environnement numérique a-t-il transformé le métier de l’éditeur ? Quelle est la place du travail d’éditorialisation dans les métiers de l’édition ? Dans quelle mesure ce travail fait-il l’objet d’une externalisation et d’une délégation – en amont (ingénieur des connaissances, construction des ontologies…) aussi bien qu’en aval (moteurs de recherche, hébergeurs, diffuseurs, annotateurs, lecteurs) ?

Intervenants :

    • @GuylaineBeaudry (directrice de la Bibliothèque de Concordia, créatrice d’Érudit et créatrice d’Érudit et des nouvelles presses numériques de Concordia
    • Hervé Le Crosnier @hervelc (éditeur multimédia chez C&F éditions, enseignant-chercheur à l’Université de Caen, ancien conservateur des bibliothèques)

Storify du fil Twitter de la séance


19 janvier 2017
De la bibliothèque au web et réciproquement

Les bibliothèques jouent un rôle privilégié dans le paysage dessiné par l’éditorialisation. Si l’accès et la circulation des contenus demeurent au cœur de sa mission, la bibliothèque en tant qu’institution doit également se transformer pour intégrer la problématique de l’appropriation. Elle se doit ainsi d’investir des dispositifs physiques et numériques susceptibles d’accueillir les pratiques récentes et existantes tout en en favorisant de nouvelles. Nous porterons la réflexion sur cet équilibre entre dispositif et usage nécessaire à tout lieu de savoir.

Intervenants :

  • Benoît Epron, chercheur à l’Enssib, Responsable du Master Publication numérique
  • Catherine Bernier et Nino Gabrielli (Bibliothèque de l’Université de Montréal)


16 mars 2017 :
Journalisme (faire métier de journaliste dans l’environnement numérique)

Depuis les premières publications en ligne des journaux à la fin des années 90, les médias se sont  adaptés à la nouvelle donne médiatique. Leur arrivée sur Internet et sur le web est marquée par plusieurs évolutions majeures, comme les nouvelles formes d’écritures (hypertexte, vidéo, webdocumentaire, microblogging) accompagnant les pratiques émergentes de consommation de l’information. Plus significatifs, des phénomènes tels que le référencement des journaux par Google, leur éditorialisation par Google News et à partir des années 2010, leur circulation massive de plus en plus fragmentée via les réseaux sociaux ou, plus récemment, leur intégration et leur personnalisation dans les newsfeed de Facebook ont défini un nouvel environnement redistribuant les rapports de pouvoir et d’autorité dont ils bénéficiaient. La controverse actuelle autour des fake-news et des dispositifs de fact-checking est à ce titre révélatrice d’une crise de l’éditorialisation, que cette séance se propose d’interroger en examinant les stratégies mises en œuvre par les différents acteurs pour négocier cette transition.

Intervenants :

  • Denis Teyssou (@dteyssou), journaliste et Responsable du MediaLab de l’Agence France Presse (AFP) depuis juin 2007.
  • Juliette Maeyer (@juliettedm) professeure adjointe au département de Communication de l’Université de Montréal

Captation vidéo de la séance


6 avril  2017 :
L’archive éditorialisée (de la ressource originale à son appropriation)


20 avril 2017 :
Plateformes et production de contenu. Entre créativité et contrôle


1er juin 2017 :
Éditorialisation de l’espace : de l’écriture à l’architecture