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ASSEMBLEE GENERALE 23 JUIN 2026

ALERTE CANICULE-REPORT DE L’ASSEMBLEE GENERALE 2026

En raison de la vague de chaleur annoncée, l’Assemblée Générale prévue demain mardi 23 juin est reportée au jeudi 4 septembre 2026.

DATE et LIEU

L’AG de DICEN se tiendra le vendredi 4 Juin 2026 au CNAM, Paris, Salle des Textiles

INSCRIPTION REPAS: Formulaire repas 4 Septembre

PROGRAMME

9h15 Accueil

9h30 Présentation du bilan du laboratoire et de nouveaux membres
9h45 Présentation du bilan des thèmes
10h30 Présentation individuelle des posters
11h15 Échange libre autour des posters 

12h00 Repas 

13h15 Atelier des thèmes – rattachement principal
14h30 Atelier des thèmes – construire des transversalités
15h30 Retour des ateliers 

16h Fin de l’AG 

Et tout au long de la journée:

GUICHET VIDEO

Un guichet vidéo sera à votre disposition pour venir uploader sur les disques du laboratoire le matériel vidéo ou audio que vous souhaitez valoriser ou tout simplement archiver. A vos clés USB et autres disques durs.

CABINE PHOTO ITINERANTE

Chloë viendra équipée d’un appareil photo, l’occasion de mettre à jour votre photo de profil!

CARNET DE RECUEIL DE PARTAGE DE SAVOIR-FAIRE

Recueil de propositions de partage de savoir-faire et de pratiques entre collègues pour éventuellement établir un cycle de mini ateliers l’année prochaine (type 30 minutes sur la pause déjeuner). Exemple: Béa sur l’éthique, Chloë sur les bases du logiciel Adobe Première Pro en montage vidéo…

ATIC – APPEL A CONTRIBUTION – De quelle(s) anthropologie(s) parle-t-on?

Thématiques : Coopérationmbre principal

Coordination scientifique du numéro ATIC : Vincent LIQUETE (U. de Bordeaux / MICA UR 4426 – France), Aminata KANE (EBAD de Dakar-Sénégal), Susan KOVACS (ENSSIB Villeurbanne / ELICO UR 4147 – France)

Calendrier du numéro

Lancement de l’appel : début avril 2026
Retour des propositions de résumé : 30 juin 2026
Diffusion pour expertise aux membres du CS : 15 juillet 2026
Retour des expertises résumé d’intention : 30 septembre 2026
Retour des articles complets : 30 janvier 2027
Relecture et dialogue pour ajustement : février à mi-mars 2027
Parution : courant printemps 2027

Merci d’envoyer vos résumés aux adresses suivantes : vincent.liquete@u-bordeaux.fr ; kaneaminata@gmail.com ; susan.kovacs@enssib.fr ; revue@revue-atic.fr

-> Longueur attendue du résumé d’intention: Environ 3000 signes (espaces non compris) sur la base d’une page.

Appel à contribution – Revue ATIC: « De quelle(s) anthropologie(s) parle-t-on? »

Introduction générale

Les liens entre l’anthropologie et les sciences de l’information et la communication (SIC) sont anciens, profonds et se manifestent à travers des dimensions épistémologiques, méthodologiques et thématiques. L’anthropologie, que ce soit en tant que discipline ou en tant que “posture,” est régulièrement mobilisée par des chercheurs en SIC dans l’élaboration de leurs objets et leurs démarches.  L’anthropologie, “un certain regard sur l’autre” selon  François Laplantine, enrichit considérablement l’empan scientifique des SIC, comme en atteste l’influence sur la discipline de certains courants ou domaines spécifiques  tels que l’anthropologie des savoirs, l’anthropologie des techniques ou l’anthropologie des espaces. L’intégration des démarches et des méthodologies associées à l’anthropologie au sein des SIC s’est faite de façon quasi organique et naturelle, pourrait-on dire, notamment de par l’ancrage fort des approches qualitatives en information-communication, qui donnent une large place à l’analyse des pratiques, des routines, des interactions, des environnements, de l’affect et du sensible, et donc de l’humain. La naturalité des liens entre les SIC et l’anthropologie se voit également par l’usage fréquent de certaines désignations qui ne semblent guère avoir besoin d’être justifiées, telles que “l’approche ethno-sémiotique”. Au-delà de cette naturalité et de ces évidences, ce numéro d’ATIC entend susciter une réflexion de fond, afin d’interroger la place de l’anthropologie – et des anthropologies  – au sein de la discipline des SIC et la nature des synergies et des apports réciproques entre les SIC et ce “regard” anthropologique.

A travers ce numéro nous souhaitons d’une part interroger l’anthropologie qui se pratique en SIC et qui se pense dans et par les travaux en SIC.  D’autre part, il s’agira de réfléchir aux spécificités d’une (ou des) posture(s) anthropologique(s) en SIC, notamment à la lumière de l’émergence de nouveaux dispositifs tels que les plateformes numériques, les dispositifs algorithmiques, les intelligences artificielles, les archives et patrimoines numérisés, les données massives. Ces objets s’accompagnent de situations inédites d’interaction entre acteurs, dispositifs techniques et institutions, redéfinissant les modalités de production, de circulation, d’organisation et d’appropriation des savoirs et de l’information (Lehmans, 2018). Ces mutations interrogent les cadres théoriques à partir desquels les pratiques informationnelles et communicationnelles sont observées et analysées. La question n’est donc plus seulement de mobiliser l’anthropologie comme référence disciplinaire, mais bien de se demander de quelle(s) anthropologie(s) on parle pour penser ces nouveaux objets, ces nouvelles situations et ces nouveaux contextes, à l’instar du champ de  l’anthropologie de la communication (autour des travaux de Winkin notamment) qui a largement contribué à penser les interactions sociales, inscrites dans des contextes culturels et symboliques spécifiques.

Pour alimenter ces réflexions, ce numéro d’ATIC invite des contributions autour de trois axes d’analyse critique portant sur 1) les cadres épistémologiques, théoriques ou conceptuels de la discipline des SIC qui sont marqués par l’influence de l’anthropologie ; 2) les orientations méthodologiques en SIC qui s’inspirent de l’anthropologie ou qui revendiquent une filiation avec des positionnements et des outils méthodologiques des courants socio-anthropologiques ; et 3) des perspectives d’ouverture, de dialogue voire de collaboration ou d’hybridation entre les SIC et l’anthropologie sociale et culturelle.

Les propositions d’articles, qu’il s’agisse de contributions théoriques ou d’analyses à partir de travaux empiriques, devront nécessairement comporter une dimension réflexive sur la nature des dialogues engagés entre les SIC et l’anthropologie.

  • Quels liens entre anthropologie et SIC : dimensions conceptuelles, théoriques, épistémologiques

Les travaux en SIC qui relèvent d’approches anthropologiques montrent des liens plus ou moins étroits avec divers courants ou domaines, chacun avec une tradition épistémologique propre. Un des objectifs de ce numéro est de réaliser un panorama des filiations revendiquées (ou plus implicites) avec ces courants afin d’identifier l’influence de certains auteurs phares, travaux, concepts et formes de problématisation. Parmi ces courants, on peut mentionner, sans exhaustivité :

L’anthropologie des sciences et des techniques. L’influence d’auteurs tels que Marcel Mauss, André Leroi-Gourhan, Gilbert Simondon dans la pensée de l’outil et de la relation à l’outil se développe en SIC notamment au sein de travaux sur le document (Cotte, 2004) et sur l’appropriation des technologies émergentes (Le Deuff, Roumanos, 2022). Le dialogue de l’anthropologie avec les SIC passe également par des auteurs en SHS proches des chercheurs en information-communication qui revisitent l’anthropologie des techniques (Stiegler, Gardey, Ingold, Denis ou Millerand et Latzko-Toth). Les STS (études des sciences et techniques / Science and technology studies) et leurs usages, représentées notamment par Bruno Latour, Dominique Vinck ou Susan Leigh Starr sont également mobilisés en SIC pour caractériser le fonctionnement des univers et des environnements scientifiques ou info-communicationnels et les mécanismes complexes de la “fabrique de la connaissance” y compris par le biais des études des controverses et des acteurs-réseaux. Comment caractériser le dialogue entre les SIC, l’anthropologie des techniques et les STS? Quels concepts sont réinvestis, transposés, quelle lecture de ces concepts sont réalisées en SIC à travers les préoccupations et les objets de la discipline? Qui sont les auteurs qui assurent un relais entre les domaines? En quoi la revue RAC (Revue d’anthropologie des connaissances) ou d’autres revues ou projets éditoriaux ont-ils permis de constituer des espaces d’échange interdisciplinaire entre l’anthropologie et SIC ?

Une anthropologie des savoirs et des espaces. Les travaux de C. Jacob dans le domaine de l’anthropologie historique des savoirs (Jacob, 2007, 2011) ont contribué à un renouvellement en SHS de l’intérêt pour l’analyse des lieux et des environnements de savoir et pour la dimension spatiale des savoirs. Les SIC se sont emparées de ces orientations pour analyser notamment comment le savoir prend corps dans des collectifs humains, dans les modes d’organisation des institutions, à travers leurs espaces, les dispositifs de médiation, les réalités du quotidien de ces lieux. Plusieurs travaux en SIC ont aussi mis en avant la nature des relations entre savoirs (savoirs savants, ordinaires, expérientiels, vernaculaires), expériences du sensible et contextes spatio-temporels (de travail, d’apprentissage-formation, de détente, de sociabilité) (Maury, Kovacs, 2014). Les travaux sur la culture informationnelle en SIC sont également empreints d’une influence forte de l’anthropologie des savoirs (Béguin-Verbrugge, Kovacs, 2011); c’est d’ailleurs le terme-même de “culture informationnelle”, préférée dès 2008 à la notion de “littératie” qui témoigne de l’orientation des travaux en France en faveur d’une dimension résolument socio-culturelle et anthropologique, plutôt que compétencielle et techniciste, des pratiques et des apprentissages informationnels. Dès lors, l’anthropologie permet aux SIC de s’écarter d’une vision purement technique ou quantifiable pour accéder au sens des phénomènes, en portant une attention particulière aux idéologies, aux imaginaires, aux représentations et aux relations sociales qui structurent la communication (Liquète, 2014).

En quoi l’anthropologie des savoirs trouve-t-elle un écho, un relais et un élan spécifique, au sein de travaux en SIC, notamment dans les productions scientifiques sur les savoirs ordinaires, les savoirs de l’espace, les notions d’autorité et d’expertise, les savoirs de l’expérience, les enjeux de la participation? Enfin, en quoi les questionnements actuels sur l’expérience informationnelle infléchissent-ils, à travers ce “regard anthropologique”, la pensée d’une culture de l’information, partagée et transférable à d’autres acteurs?

Nous souhaitons nous interroger également sur le recours à un regard anthropologique, en SIC, pour prendre en compte des contextes culturels variés, notamment dans les sociétés africaines, latino-américaines ou autochtones. En quoi l’anthropologie est-elle un levier conceptuel et épistémologique pour appréhender les phénomènes info-communicationnels au sein de sociétés ou d’environnements professionnels où les savoirs se transmettent par le biais de pratiques sociales, de récits, de rituels, de gestes techniques ou de dispositifs symboliques ? En quoi les SIC se sont-elles emparées d’une anthropologie des savoirs endogènes (Hountondji, 1977, 2007), qui invite à interroger les conditions de visibilité, de légitimation et de circulation des connaissances dans les dispositifs informationnels contemporains, qu’il s’agisse d’archives, de bases de données, de plateformes numériques ou de projets de patrimonialisation? Comment ces approches sont-elles mobilisées, articulées ou renouvelées afin de rendre compte des cultures de l’information, des médiations documentaires et des régimes de savoir qui structurent les sociétés contemporaines?

Une anthropologie de la communication. Plutôt que de se limiter aux dispositifs médiatiques ou aux flux informationnels, cette approche invite à considérer une pluralité d’objets et de scènes communicationnelles, d’interactions ordinaires, d’espaces organisationnels, de dispositifs techniques, de rencontres interculturelles, où se déploie la communication comme « performance de la culture » dans les pratiques quotidiennes (Hymes, 1964; Juanals & Noyer, 2007). De ce point de vue, l’analyse anthropologique permet de replacer la communication dans un ensemble plus large de normes, de rituels (Lardellier, 2003), de représentations et de codes culturels qui structurent les interactions sociales; la communication se construit toujours dans des processus d’échange, de confrontation ou de négociation entre cultures. L’attention portée aux situations, aux contextes et aux interactions ouvre ainsi la voie à l’exploration de nouveaux objets de recherche : pratiques communicationnelles ordinaires, médiations organisationnelles, dynamiques interculturelles ou encore transformations des relations sociales dans un monde globalisé. En quoi l’anthropologie de la communication a-t-elle offert et/ou offre-t-elle un cadre heuristique aux SIC pour analyser la « rencontre des mondes » et les recompositions contemporaines de l’altérité? Quels terreaux l’anthropologie de la communication continue-t-elle à fournir, pour l’analyse des objets info-communicationnels en SIC?  Où se situent, aujourd’hui et hier, les approches ethnométhodologiques dans les travaux en SIC? En quoi les SIC apportent-elles de nouvelles perspectives par rapport aux approches sensibles et corporelles de la communication?

L’un des enjeux de cet axe sera d’identifier et de mettre en dialogue des théories, des auteurs et des concepts clefs qui enrichissent les recherches en SIC et fécondent un dialogue interdisciplinaire entre anthropologie et SIC.

  • Quels liens entre anthropologie et SIC: des questions méthodologiques

Même si les SIC ont largement intégré l’« art du terrain » de l’anthropologie pour saisir les phénomènes info-communicationnels dans leur contexte naturel et/ou social, on note qu’un ensemble de méthodes qualitatives sont fréquemment interrogées notamment celles centrées sur l’expérience sensible ou intime aux environnements info-communicationnels.  Ainsi, parmi les méthodes particulièrement mises à la discussion dans ce numéro, un intérêt sera marqué pour :

L’observation participante et l’immersion. En effet, en quoi l’immersion devient-elle une méthode fondamentale des SIC, comment peut-on définir cette immersion prolongée du chercheur sur son terrain, les obstacles auxquels le chercheur doit également faire face, y compris dans des environnements numériques? Ainsi, l’inclusion du chercheur dans un environnement de recherche, le mimétisme cherché par l’observateur lors de partage de moments de vie quotidienne, l’appréhension du sujet pour atteindre leur vision du monde, caractériser les rituels de vie partagée, les choix techniques pour capter, enregistrer, conserver les matériaux de vie recueillis sont autant de points que nous souhaiterions interroger à l’occasion de ce numéro.

L’ethnographie de l’ordinaire. De plus en plus souvent, les SIC empruntent à l’anthropologie son attention aux détails de la vie quotidienne, aux routines, aux rituels de vie qui sont la plupart du temps invisibles à l’échelle de l’espace public et des recherches génériques sur le monde social. Les travaux sur le repérage et l’analyse des gestes et postures, les travailleurs de l’ombre ou invisibles, l’identification de pratiques info-communicationnelles des publics vulnérables voire exclus, sont autant de domaines qui nourrissent le champ et l’extension progressive des SIC.

Les méthodes visuelles. Les SIC s’approprient progressivement des méthodes où l’image n’est plus seulement un support soumis à une lecture sémiologique, mais un outil de description, de co-construction, de contrat entre l’enquêteur et l’enquêté, où on note un dépassement du simple enregistrement des faits. Les chercheurs en SIC de plus en plus documentent et rendent visibles leur propre démarche méthodologique, et se servent du visuel pour construire un matériau d’explicitation et de mémorisation avec son terrain. Sans omettre les méthodes et techniques immersives, mobilisant des processus cognitifs complexes, centrés sur les émotions et les apprentissages situés.

L’enquête par les traces et le document. Bien que les régimes de matérialité aient fortement muté, les documents physiques restent fortement présents (notes de terrain, affichages, archives, documents écrits, enregistrements…). Les traces occupent également une place de choix, allant jusqu’à élaborer une “netnographie” du web où le recueil principal des données s’appuie sur les communautés virtuelles de consommation et les circulations des flux numériques. Les documents d’activité constituent un matériau qui porte en soi une dimension actionnelle et interactionnelle (Stalder, 2021). Ainsi, écritures et traces vivent un entrelacement qui méritera d’être interrogé dans ce numéro. Les documents et les dispositifs documentaires apparaissent comme des médiateurs essentiels dans la circulation et l’organisation des savoirs. Loin d’être de simples infrastructures techniques, ces dispositifs constituent des agencements socio-techniques associant acteurs, normes professionnelles, instruments et pratiques. Ces approches rejoignent les réflexions développées en SIC autour d’une anthropologie des savoirs, attentive aux processus sociaux, sémiotiques et techniques qui participent à la production, à la circulation et à l’appropriation des connaissances (Béguin-Verbrugge, 2023).

Les démarches monographiques et (auto)-réflexives. Comment actuellement les SIC apprivoisent-elles la démarche monographique consistant à étudier une unité sociale cohérente de faible ampleur (un village, une bibliothèque, un espace culturel ou d’insertion…) pour extrapoler les conclusions globales à partir du local ? Par l’auto-réflexivité, le chercheur en SIC est tenu à son tour d’interroger l’influence de ses cadres culturels et conceptuels sur sa propre description ethnographique de situations, de dispositifs et d’organisations sociales. En quoi les SIC développent une réflexivité sur les démarches d’auto-ethnographie voire les nouvelles formes de conduite et de restitution de la recherche (recherche participative, écritures collaboratives) et en quoi cette réflexivité renvoie-t-elle à une posture anthropologique spécifique à la discipline des SIC? Quelles résonances, en SIC, de l’anthropologie de soi?

Ce second axe cherchera à caractériser les méthodes les plus partagées en SIC et à mettre en lumière des démarches et protocoles méthodologiques novateurs et/ou originaux.

  • Nouveaux objets, nouvelles situations, nouveaux contextes: quelles hybridations, quelles synergies, quels croisements entre l’anthropologie et les SIC ?

En quoi les transformations socio-techniques contemporaines et l’essor des plateformes numériques, des intelligences artificielles, des infrastructures de données, des archives numérisées ou encore des environnements immersifs donnent-ils lieu à l’élaboration de nouvelles approches et méthodologiques anthropologiques et des méthodes de recherche à l’instar de la “netnography” (Kozinets, 2015) qui sont attentives aux relations entre dispositifs techniques, pratiques sociales et régimes de savoir?

Une attention particulière peut alors être portée au document et surtout au document work (Trace, 2011), où les supports sont envisagés dans leur rôle d’agir participant à l’organisation des activités humaines et à la stabilisation des connaissances (Hull, 2012 ; Riles, 2006 ; Bowen, 2009). Dans cette perspective, peut-on parler d’une anthropologie des pratiques documentaires permettant d’interroger les gestes, les usages et les dispositifs à travers lesquels les documents sont produits, manipulés et interprétés dans les environnements informationnels contemporains (Salaün, 2012)?

Les nouveaux dispositifs de création des contenus invitent également à considérer les processus d’écriture, de production et d’interprétation des traces qui participent à la construction des savoirs. En effet, pour Georges Balandier, l’anthropologie elle-même repose sur un « effet d’écriture » par lequel les observations et les matériaux de terrain sont transformés en textes scientifiques (Balandier, 1994). Dans la même veine, Clifford Geertz a montré que l’anthropologue est aussi un auteur, dont les récits produisent des interprétations contextuelles du monde social (Geertz, 1988), tandis que Johannes Fabian souligne le rôle des archives ethnographiques et des documents de recherche dans la construction du savoir anthropologique (Fabian, 2008). Peut-on parler d’un renouveau de cette anthropologie de l’écrit, à l’aune des nouveaux processus et formes d’écriture scientifique de la culture numérique?

De plus, l’analyse des phénomènes informationnels mobilise différentes formes d’hybridation théorique, croisant l’anthropologie cognitive (Sperber, 1996 ; Hutchins, 1995), l’épistémologie sociale (Fuller, 1988 ; Goldman, 1999) et une anthropologie du sensible attentive aux dimensions corporelles et perceptives des interactions avec les dispositifs informationnels (Pink, 2015). Fabienne Martin-Juchat (2001, 2008, 2020) par exemple considère les apports de cette anthropologie du sensible dans les SIC en montrant que les phénomènes communicationnels mobilisent des expériences corporelles, émotionnelles et perceptives incarnées dans un « corps communicant ». En quoi cette attention aux dimensions perceptives, en SIC, rejoint-elle les travaux en anthropologie sensorielle (Corbin, 1990) ainsi que les approches sémio-pragmatiques et sémio-anthropologiques qui analysent les images, les gestes et les interactions dans les environnements médiatiques contemporains (Boutaud, 1998 ; Verón, 1987, 1994)?

L’un des enjeux de cet axe sera d’explorer la manière dont ces différentes hybridations théoriques contribuent à renouveler les approches anthropologiques en sciences de l’information et de la communication.

Bibliographie d’appui

Amselle, J. L. B. (2001). Anthropologie de l’universalité des cultures. Paris: Flammarion.Goody, J. (1979). La raison graphique : La domestication de la pensée sauvage. Paris, France : Les Éditions de Minuit.

Balandier, G. (1994). L’effet d’écriture en anthropologie. Communications, 58, 23–30. https://doi.org/10.3406/comm.1994.1876

Béguin-Verbrugge, A. (2009). Information, Communication et Anthropologie des savoirs. RECIIS–Electronic Journal of Communication Information and Innovation in Health, Rio de Janeiro, 3(3).

Béguin-Verbrugge, A., Kovacs S. (dir.) (2011), Le cahier et l’écran. Culture informationnelle et premiers apprentissages documentaires, Paris, Hermès, Coll. « Systèmes d’information et organisation documentaires »

Berque, A. (1987). Écoumène : Introduction à l’étude des milieux humains, 2015 (1re éd. 1987).

Boutaud, J.-J. (1998). Sémiotique et communication : Du signe au sens. L’Harmattan.

Bowen, G. A. (2009). Document analysis as a qualitative research method. Qualitative  Research Journal, 9(2), 27–40. https://doi.org/10.3316/QRJ0902027

Corbin, A. (1990). Histoire et anthropologie sensorielle. Anthropologie et Sociétés, 14(2), 13–24. https://doi.org/10.7202/015125ar

Cordier, A. (2023). L’être-au-monde-informationnel : Une proposition épistémologique et méthodologique pour explorer les pratiques informationnelles. 23e Congrès de la SFSIC La numérisation des sociétés, Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC); Médiations, informations, communication, arts (Mica, Université de Bordeaux), Juin 2023, Bordeaux (FR), France. pp.372-381.

Cotte, D. (2004). Le concept de « document numérique », Communication et langages, n°140, 2ème trimestre 2004, p. 31-41.

Couzinet, V. (2021). Dispositifs documentaires: strates de médiations et circulation des connaissances. Sciences de la société, (107).DOI: https://doi.org/10.4000/sds.13010

De Sardan Jean-Pierre, O. (1995). Anthropologie et développement.: Essai en socio-anthropologie du changement social. Karthala Editions.

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Fuller, S. (2002). Social epistemology. Indiana University Press.

Geertz, C. (1988). Works and lives: The anthropologist as author. Stanford University Press.

Goldman, A. I. (1991). Knowledge in a social world. Oxford University Press.

Goody, J. (1979). La Raison graphique, la domestication de la pensée sauvage, trad. Jean Azin et Alban Bensa, Les éditions de Minuit, coll. Le sens commun, Paris, 109.

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Hountondji, P. J. (Dir.). (2007). La rationalité, une ou plurielle ? Dakar, Sénégal : CODESRIA.

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Lehmans, A. (2018). Pragmatiques et politiques des cultures de l’information. HDR Sciences de l’information et de la communication. Université de Rouen, France, 232 p.

Liquète, V. (2014) (dir.). Cultures de l’information. Paris : CNRS éd. (Les essentiels d’Hermès).

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Maury, Y., Kovacs, S. (2014), « Étudier la part de l’humain dans les savoirs : les Sciences de l’information et de la communication au défi de l’anthropologie des savoirs », Études de communication [En ligne], 42 | 2014, mis en ligne le 01 juin 2014, consulté le 17 mars 2026. URL : http://journals.openedition.org/edc/5655 ; DOI : https://doi.org/10.4000/edc.5655

Mbembé, A. (1990). [Compte rendu de The invention of Africa: Gnosis, philosophy, and the order of knowledge, de V. Y. Mudimbe]. Politique africaine, 38, 167–169. https://www.persee.fr/doc/polaf_0244-7827_1990_num_38_1_5389_t1_0167_0000_4

Nyamnjoh, F. B. (2012). Potted plants in greenhouses: A critical reflection on the resilience of colonial education in Africa. Journal of Asian and African Studies, 47(2), 129–154.

Odin, R. (2023). Les Espaces de communications. Introduction à la sémio-pragmatique. Presses universitaires de Grenoble.

Pédauque, R.-T. (2006). Le document à la lumière du numérique : Forme, texte, médium : comprendre le rôle du document numérique dans l’émergence d’une nouvelle modernité. C&F Éditions. https://shs.cairn.info/le-document-a-la-lumiere-du-numerique–9782915825046?lang=fr

Pink, S. (2015). Doing sensory ethnography. SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781473917057

Pilerot, O. (2024). Book review: Introduction to documentation studies. Nordic Journal of Library and Information Studies, 5(1).

Rasse, P. (2006). La rencontre des mondes : Diversité culturelle et communication. Armand Colin.

Riles, A. (Ed.). (2006). Documents: Artifacts of modern knowledge. University of Michigan Press.

Salaün, J.-M. (2012). Vu, lu, su : Les architectes de l’information face à l’oligopole du Web. La Découverte.

Stalder, A. (2021). Pratiques informationnelles avec et autour du document technique chez les conducteurs de travaux : approche informationnelle et approche communicationnelle. Rouen université, thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication.

Sperber, D. (1996). La contagion des idées : Théorie naturaliste de la culture. Odile Jacob. https://doi.org/10.3917/oj.sperb.1996.01

Trace, C. B. (2011). Documenting work and working documents: Perspectives from workplace studies, CSCW, and genre studies. Paper presented at the 44th Hawaii International Conference on System Sciences, Kauai, HI.

Verhaegen, P. (1999). Les dispositifs techno-sémiotiques: signes ou objets?. Hermès, La Revue, 25(3), 109-121.

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Calendrier du numéro

Lancement de l’appel : début avril 2026

Retour des propositions de résumé : 15 juin 2026

Diffusion pour expertise aux membres du CS : 15 juillet 2026

Retour des expertises résumé d’intention : 30 septembre 2026

Retour des articles complets : 30 janvier 2027

Relecture et dialogue pour ajustement : février à mi-mars 2027

Parution : courant printemps 2027

 

 

 

 

 

La grille de la connaissance. Pour une histoire culturelle du tableau

Thématiques : Datambre principalsponsable de la thématique

Présentation de Werner Scheltjens (univ. Bamberg), « La grille de la connaissance. Pour une histoire culturelle du tableau », commentaire depuis les SIC par Gérald Kembellec, les humanités numériques et la data analyse.

https://www.dhi-paris.fr/fr/agenda-detaillees/2026-jeudi-scheltjens.html

Que pouvons-nous apprendre de tableaux pré-numériques ? Sont-ils de simples précurseurs des formats actuels de sauvegarde et d’échange, ou bien des textes non narratifs ? Werner Scheltjens constate que nos connaissances sur l’histoire des tableaux pré-numériques demeurent limitées. Bien que nous les utilisions constamment, nous nous intéressons que rarement aux tableaux en tant qu’artefacts culturels.

Crédit image : Astronomisch-astrologisch-mantische Sammelhandschrift, Universitätsbibliothek Freiburg i. Br., Hs. 458.

Les tableaux sont des témoins muets de la relation continue entre humains, données et savoir. Ils permettent de saisir la manière dont les besoins d’information ont été compris et satisfaits dans leur contexte historique, que ce soit dans l’Antiquité, au Moyen Âge ou au XXᵉ siècle. Chaque tableau condense et révèle l’interaction entre les données présentées, leur finalité, les opérations cognitives qu’il est censé faciliter, le public cible et les contraintes matérielles du support de diffusion. Partant de cette observation, la conférence esquisse des premières réflexions pour une histoire culturelle du tableau. Quelle contribution une analyse historique des tableaux peut-elle apporter à l’histoire de la modélisation des données et du savoir ? Comment les tableaux ont-ils contribué à la production et à la diffusion de connaissances ? Ces questions seront au centre de la conférence. Gérald Kembellec (CNAM) en assurera le commentaire. 

Werner Scheltjens est professeur d’histoire numérique à l’université de Bamberg. 

Conférence avec traduction simultanée (français/allemand). 

Pour une participation sur place, aucune inscription n’est nécessaire. Pour participer en ligne, merci de vous inscrire via le lien ci-dessus.

Bien à vous,

Gérald

Norms in the Age of Intelligent Machines: Bodies, Knowledge, Governmentality [Conference @ Stanford]

Thématique : mbre principal

Principle investigators : Shane Denson and Armen Khatchatourov, Co-organizer: Johan Fredrikzon
Joint program by Stanford and DICEN / Gustave Eiffel University, December 4-5, 2025 at Stanford

Speakers
Morehshin Allahyari (Stanford)
Hannes Bajohr (UC Berkeley)
David Bates (UC Berkeley)
Bilel Benbouzid (UGE)
Shane Denson (Stanford)
Jean-Pierre Dupuy (Stanford)
Noel Fitzpatrick (TU Dublin)
Johan Fredrikzon (KTH Royal Institute of Technology, Stockholm)
Julia Irwin (Stanford)
Armen Khatchatourov (DICEN / UGE)
Alexander Martin Mussgnug (Stanford)
Helen Nissenbaum (Cornell Tech)
Warren Sack (UC Santa Cruz)
Antonio Somaini (University Sorbonne Nouvelle – Paris 3)
Fred Turner (Stanford)

The prospect of intelligent machines challenges our societal norms. Matters of debate over the past half century concerning digital networks – e.g. access, privacy, subjectivity, participation – must be reconsidered in the age of machine learning. More specifically, the proliferation of AI-based systems leads to new ways of understanding what normativity is. Social norms don’t change overnight; however, the mechanisms and processes that drive these changes are increasingly influenced by AI-based infrastructures, characterized by a heightened level of automation, while being opaque, inscrutable, and anthropomorphic.

Faced with such conditions, we have to ask, first, what it means to instill or break a norm and, second, what norms even mean or represent. This landscape presents both profound challenges to maintain just and stable means of interaction and, at the same time, novel and creative opportunities for alternative modes of being.

The two conferences (December 4-5, 2025 at Stanford, April or May in Paris) aim to investigate how norms of embodiment, forms of knowledge, and techniques of governmentality operate in the age of AI, and to address the imbrication of two movements: how the evolution of social norms is reflected in new algorithmic practices, and how these algorithms influence social norms in various domains. It will bring together the humanities, social sciences, and law to address issues of crucial contemporary importance.

https://events.stanford.edu/event/norms-in-the-age-of-intelligent-machines-bodies-knowledge-governmentality

Doctoriales du Dicen 2025

27 mai 2025, CNAM Saint-Martin, salle 17-2-15

8h50 : accueil des participant·es

9h20 : Présentations orales

9h20-9h45 MATVYEYEVA, Yuliya Lucile Desmoulins The Digitalization of Public Diplomacy and Information Warfare: A Comparative Analysis of Social Media Strategies in X English-Language Accounts of the Ministries of Foreign Affairs of Russia and Ukraine (2022–2024)
9h50-10h15 TAKAHASHI, Yuka Naïma Aïdi L’innovation et le voyage
10h20-10h45 CAMP, Johanna Maryse Carmes (en visio) Confrontations culturelles, espaces communicationnels stratégiques et spontanés
10h50-11h15 LEBCIR, Yasmine Claire Scopsi Projections professionnelles enseignantes et reconfigurations numériques post-covid. Enquête biographique et auto-ethnographique en contexte scolaire
11h20-11h45 TEYSSOU, Denis Gérald Kembellec La faillibilité des plateformes : l’amplification (de la force) du faux
11h50-12h15 NAKASATO, Aymée Sylvie Parrini-Alemanno La dynamique d’une CoP en contexte inter-organisationnel : une étude de cas en immersion à la sécurité civile
12h20-12h45 SOSA, Jorge Antonin Segault Aux frontières de l’imagination technique de l’Industrie 4.0 : le cas d’Audi Mexique

12h45 : fin de la session du matin

12h45–14h00 : pause déjeuner

14h00–14h50 : Session posters

COISPEL, Thomas Les images des futurs préférables comme controverses citoyennes sur les modes de vie Recherche-action de design prospectif et participatif à l’aide de la co-création d’images
DECHAMBENOIT, Guillaume Vers un système d’information Géologique Intégratif et Collaboratif : Développements et Applications Multidimensionnelles
DE IOANNI, Maria-Ida Les écritures numériques de mode. Nouvelles formes de publication du savoir-faire créatif dans le bassin méditérannéen
DIAS, Hully L’intégration de l’ESS dans les politiques publiques : une analyse de la dynamique des données et de la légitimation.
EPOH EDJAGUE, Richard Patrick Transformation digitale et développement numérique du musée national du Cameroun : apports potentiels du « jumeau numérique » au débat sur la restitution du patrimoine africain.
FLUZIN, Dylan Désir de mémoire – Vers un design d’Archive queer(ED) / Expérimentation et design critique dans les pratiques contemporaine d’auto-documentation numérique LGBTQIA+
HAMMADI, Hafida Pratiques et usages numériques au collège : Vers une transition numérique
LACOUR, Arthur La construction de l’image des prisons françaises : enjeux participatifs à l’ère du numérique
MARTIN, Eliot L’Éducation Artistique et Culturelle (EAC) dans le premier degré : de son impact sur le développement socio-émotionnel à ses réceptions enfantines.
TROVO-HARLAY, Marion La France face au défi de l’utilisation du Lawfare comme outil d’Intelligence Economique offensive
RAVET, Eloïse Le patient et son retour à domicile : une approche par le design des objets du quotidien

15h00–17h25 : Présentations orales

15h30-15h55 LAMACHE, Lucille Victoria Laurent Récits et images de la désobéissance civile écologiste dans les musées : enjeux de la construction d’une radicalité militante
16h-16h25 AMAPANI, Giuseppe Gérald Kembellec Catalogage numérique, entre public et privé
16h30-16h55 MERTZ, Chloé Jeanne Ferrari-Giovanangeli Contre le nucléaire et son monde : enjeux méthodologiques et éthiques en contexte militant.
17h-17h25 LEFEBVRE-REGHAY, Sandrine Thomas Grignon Le nouveau paradigme de la rédaction professionnelle à l’ère du numérique.

ANR MIL-PAT – Mises en ligne patrimoniales

Projet de recherche Dicen-IdF issu de l’appel à projets de recherche générique ANR 2024

Durée : 2025-2028

Partenaires : Dicen-Idf (Université Paris Nanterre), LISST (CNRS), Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse

Budget global : € 600K

Porteur du projet : Nicolas Adell

Contacts : Marta Severo

Membres de Dicen-Idf participant au projet : V. Laurent, J. Ferrari-Giovanangeli, C. Scopsi, L. Barbe, M. Severo, A. Segault.

Résumé
Dans le champ du patrimoine culturel, MIL-PAT cherche à révéler les enjeux, comportements et décisions politiques, juridiques et éthiques qui sont contenues dans des actions aussi matérielles et techniques que des processus de numérisation, d’indexation, d’éditorialisation et de mise en circulation virtuelle d’objets de collections ethnographiques.
Fort des connaissances acquises sur les aspects directement (géo)politiques et éthiques de ces questions, MIL-PAT propose d’interroger, à partir du cas du Muséum de Toulouse et selon un principe de co-construction du savoir, les ressorts techniques et matériels de ces problèmes en amont des procédures de restitution qui n’en révèlent qu’un aspect. Car les phénomènes de restitution recouvrent des questions plus générales d’accessibilité, de partage, de lisibilité et de maintenance. Ce sont de telles questions que le projet entend prendre en charge.
Il s’appuiera sur le traitement de trois collections ethnographiques du Muséum de Toulouse – Madagascar, Nouvelle-Calédonie, Brésil – pour en reconstruire l’écosystème en rassemblant archives et documents, mais aussi en enquêtant avec les collectifs d’ayants-droits sur le terrain. Recherche fondamentale fondée sur une hypothèse forte (l’éthico-politique s’immisce aussi au niveau technico-matériel, non comme un guide mais comme un rouage), MIL-PAT ambitionne également d’agir en aidant à la réappropriation culturelle par l’accessibilité la plus juste. La démarche vise à être exportable et reproductible pour lancer mieux et davantage les ponts entre sociétés d’origine et établissements de conservation actuels, au bénéfice de tous les publics.
Pour ce faire, le projet réunit des chercheur.e.s en anthropologie, en sciences de l’information, en histoire et en droit, ainsi que des professionnel.le.s de la conservation des patrimoines sensibles, chargé.e.s de collections ethnographiques et responsables de bases de données.

Colloque “Territoire(s) & Sécurité(s)” 2ème édition

Thématique : Intelligence

Maison Méditerranéenne des Sciences e l’Homme, Aix-en-Provence

Jeudi 6 avril 2023 de 9h00 à 17h00

 Format hybride présentiel et visio (sur inscription)
https://cts-2023.sciencesconf.org/

Après un premier colloque organisé en juin 2020, le Centre de recherche de l’École de la gendarmerie nationale (CREOGN) et l’Université Gustave Eiffel ont souhaité poursuivre le développement de ce chantier en organisant un nouveau colloque décentralisé destiné aux chercheurs de toutes les disciplines et aux praticiens en France ou à l’étranger ayant travaillé ou travaillant sur la sécurité des territoires.
Ce colloque vise à encourager la diversité des approches en mêlant les expériences de terrain et les recherches autour de la notion de sécurité. Il s’agit d’ouvrir les communications possibles aux divers sens que peut prendre le terme de « sécurité », dans ses dimensions prospectives et rétrospectives.

Les interventions s’articuleront autour des axes de réflexions suivants :
– La cybersécurité dans le(s) territoire(s).
– Acteurs privés et filières industrielles de la sécurité de demain.
– Les innovations techniques de la sécurité, leurs imaginaires, et leur acceptabilité par les populations et les territoires.
– La sécurité perçue comme élément d’attractivité des territoires.
Le défi de notre temps est bien là : penser tout à la fois les réseaux virtuels, l’identité territoriale et les nouveaux territoires de la sécurité.

L’inscription et gratuite mais obligatoire : https://cts-2023.sciencesconf.org/

ANR COLLABORA – Création, documentation et valorisations collaboratives des cultures et des patrimoines

Projet de recherche Dicen-IdF issu de l’appel à projets de recherche générique ANR 2018

Durée : 2019-2023

Partenaires : Dicen-Idf (Université Paris Nanterre)

Budget global : € 295K

Porteur du projet : Marta Severo

Contacts : Marta Severo

Membres de Dicen-Idf participant au projet : C. Scopsi, L. Barbe, M. Severo, A. Segault.

Résumé
Ces dernières années, le développement des technologies numériques a donné un nouvel essor à la figure de l’amateur. Le web, d’abord avec les blogs et ensuite avec les réseaux sociaux et les plateformes collaboratives, a offert de nouveaux espaces dans lesquels le pro-amateur peut trouver un terrain ouvert et démocratique où il peut s’exprimer et obtenir une reconnaissance aux côtés de l’expert officiellement chargé de la construction de la connaissance.
Ce phénomène a touché particulièrement le domaine de la culture. Face à cette nouvelle donne, les institutions culturelles ont porté un intérêt croissant à la création de démarches participatives et au rôle qu’y pourrait jouer le numérique dans leurs activités de médiation et de valorisation. La préoccupation des institutions culturelles est, non seulement de mieux comprendre ces phénomènes de construction participative de savoirs, mais surtout d’orienter l’énergie et l’enthousiasme des amateurs vers l’enceinte des musées, archives, bibliothèques, théâtres, etc. Les plateformes contributives culturelles – tout dispositif numérique qui permet à des amateurs, ou plus généralement à des citoyens, de contribuer à la construction de savoirs liés à des objets culturels en interaction avec une ou plusieurs institutions culturelles – se sont affirmées comme une réponse à ce besoin.
Même si un certain nombre de plateformes contributives culturelles ont été lancées pour inviter les amateurs à participer à la définition des connaissances et savoirs culturels et patrimoniaux, les rapports entre institutions et amateurs qui s’instaurent à travers ces dispositifs ne sont pas toujours linéaires et transparents. Si l’institution voit le besoin d’interagir avec ces figures clés, elle a en même temps du mal à leur donner une place qui préserverait leur liberté d’expression. De même, les amateurs qui commencent leur activité en autonomie sont souvent attirés par le cadre institutionnel qui peut donner de la reconnaissance ou de la visibilité à leur action. Cependant, dans ce cadre institutionnel, ils ne sont pas toujours à l’aise.
Aujourd’hui, la recherche académique sur ce sujet, notamment en France, n’est pas encore assez développée pour apporter un support au monde associatif et institutionnel dans cette ouverture vers le citoyen. En particulier, il n’y a pas encore une expertise scientifique et technique qui permette la diffusion de plateformes numériques en tant que moyen de construction d’une approche collaborative des connaissances. En partant de ce constat, le projet COLLABORA vise à développer une réflexion théorique, empirique et politique à propos de nouvelles plateformes numériques contributives de création, documentation et valorisation des cultures et des patrimoines. Pour ce faire, la coordinatrice du projet fédérera dans une seule équipe interdisciplinaire les expertises nécessaires afin d’atteindre trois objectifs: un objectif théorique (épistémologie des plateformes) ; un objectif empirique (usages des plateformes) ; un troisième objectif politique (plateformes en action). Du point de vue théorique, en interrogeant les modèles épistémiques et politiques de ces plateformes, entre sciences participatives et pratiques amateur, ce projet a l’ambition de proposer une nouvelle approche privilégiant la relation entre amateurs et institutions et l’analyse des plateformes en tant que « cadre frontière » commun aux différents acteurs qu’y agissent. A partir de ce cadre théorique et de l’analyse des usages des plateformes existantes, ce projet prévoit comme étape ultime la co-création de recommandations et leur validation à travers la co-création d’une plateforme, en engageant dans cette démarche les principaux acteurs du projet : les institutions, les amateurs, les chercheurs et les ingénieurs.

Le principe d’incertitude comme force motrice dans la production d’un récit métropolitain

Les objectifs et les modalités d’animation imaginés pour cette mission ne doivent rien au hasard. Lors des célébrations culturelles précédemment évoquées, j’avais eu l’occasion avec d’autres de concevoir l’évènement Moments d’invention 2013. Celui-ci mêlait arts, sciences et économie autour du devenir humain, urbain et numérique. La nouvelle mission va se saisir de ces contenus pour favoriser l’analyse des usages numériques (applications, plateformes, réseaux sociaux) et autres dispositifs locaux (clusters, fablabs, repair cafés, tiers-lieux). Dans la foulée, prenant à contre-pied la croyance selon laquelle seules les solutions technologiques peuvent résoudre les crises de toutes sortes, elle s’interroge sur ce que pourrait être une politique publique locale, construite autour d’un numérique revisité, favorisant, par exemple, de nouvelles dynamiques citoyennes et urbaines, et garantissant l’équité d’accès aux services et aux ressources publiques. En quoi cette mission fait-elle alors émerger un nouvel état d’esprit métropolitain ? En quoi peut-on parler d’incertitude au cours de cette séquence ?
À cette époque, il s’agit surtout d’y voir clair quant aux modalités selon lesquelles cet environnement numérique influerait sur les représentations de chacun et sur les conditions de la démocratie locale. En parallèle, le passage attendu au statut de métropole oblige l’intercommunalité à se réinvestir dans l’écriture de son projet politique, en mobilisant une dynamique territoriale structurée autour de l’idée de société métropolitaine…

Dans L’Observatoire 2021/2 (N° 58), pages 99 à 101 e principe d’incertitude comme force motrice dans la production d’un récit métropolitain