Séminaire STC – « Pragmatisme et pragmatique dans la sémiotique de Charles W. Morris »

Thématique : Coopération

Mardi 16 Juin 2026 de 16h à 18h au CNAM, site Conté (Salle 33.4.07) et en distanciel en suivant ce lien: https://us02web.zoom.us/j/3357421137

Pragmatisme et pragmatique dans la sémiotique de Charles W. Morris

Etienne Raduly, Docteur en Philosophie  

Comment les signes orientent-ils notre comportement ? Et, réciproquement, dans quelle mesure peut-on affirmer que l’action constitue une dimension irréductible pour comprendre les processus sémiotiques ? C’est pour répondre à cette double interrogation que Charles W. Morris (1901-1979) propose, dans Foundations of the Theory of Signs (1938), sa célèbre tripartition entre syntaxe, sémantique et pragmatique. L’apport spécifique de Morris réside essentiellement dans la mise en évidence de cette troisième dimension du sens, la pragmatique, qu’il rattache explicitement à la philosophie pragmatiste américaine (Peirce, James, Dewey, Mead). Pour Morris, pragmatisme et sémiotique sont étroitement solidaires : si le programme du pragmatisme ne peut être mené à bien qu’en s’appuyant sur une théorie des signes, celle-ci ne peut à son tour se développer qu’en intégrant une analyse des conséquences pratiques pour rendre compte du fonctionnement des signes. 

Dès lors, l’action des signes doit être reconduite sans reste à des modalités pratiques, qui fixent en dernière instance le sens d’un signe, y compris sa composante référentielle. L’enjeu est alors de montrer, à rebours des approches réductionnistes (à l’image de celle défendue par l’empirisme logique en particulier), que cette dimension pragmatique – liée à l’interprète et à ses attitudes – n’est pas simplement un supplément « subjectif » qui s’ajouterait à une signification « pure ». Elle est au contraire une composante fondamentale et organique, indispensable pour rendre compte de la vie des signes.