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Soutenance de thèse de Johanna Camp

Thématique : Coopération

Le 15 septembre à 14h00 Johanna Camp soutiendra sa thèse intitulée « Territorialisation des transactions coopératives dans la transition hybride de l’Artisanat » devant le jury composé de :

  • Mme Yanita ANDONOVA, Professeur, Université Sorbonne Examinatrice
  • M.Christian, BOURRET, Professeur, Université Gustave Eiffel Examinateur
  • M. Olivier, GALIBERT, Professeur, Université de Bourgogne Rapporteur
  • M. Cyril MASSELOT,Professeur, Université Bourgogne Europe Examinateur
  • M. Luc, MASSOU, Professeur, Université de Lorraine Rapporteur

 

  • M. Manuel ZACKLAD, Professeur, CNAM, Directeur de thèse
  • Mme Béa ARRUABARRENA, Maîtresse de Conférence, Co-directrice de thèse

 

La Toxicité saisie par les SIC

Thématique : Coopération

Séminaire du thème « Coopération · Organisations · Dispositifs · Design » organisé par Etienne-Armand Amato et Stéphan-Eloïse Gras le 25 mars au CNAM.

Le séminaire exploratoire tenu en 2025 au sein du laboratoire DICEN, axe Coopération, s’est consacré à la notion de toxicité dans les sciences de l’information et de la communication (InfoCom). L’objectif était d’ouvrir un espace collectif de réflexion interdisciplinaire, sans définition figée, pour problématiser la toxicité en tant qu’objet transversal et opérateur analytique au croisement des dispositifs, milieux et pratiques communicationnelles.

I. Cadrage : genèse, intentions et enjeux

Le projet est né d’une volonté de dépasser les cloisonnements disciplinaires en mobilisant la notion de toxicité, perçue comme une préoccupation urgente et partagée. La posture adoptée vise à éviter les étiquetages moralisateurs rapides, en replaçant la toxicité dans ses contextes communicationnels, relationnels et processuels. La démarche collective privilégie l’émergence de liens entre recherches et thématiques diverses plutôt que la production d’une synthèse définitive.

Les questionnements fondateurs identifiés sont :

• Quelle définition précise de la toxicité en InfoCom, notamment sa nature relationnelle et contextuelle ?

• Comment distinguer conditions d’émergence (possibilité) et conditions d’effectivité (impact réel) de la toxicité ?

• Quel rôle joue le tournant numérique et l’algorithmisation dans une possible « hypertoxicité » nouvelle ?

• Comment penser les antidotes, compétences et dispositifs prophylactiques sans tomber dans la normativité creuse ?

II. Développement : une problématisation à plusieurs échelles

2.1 Archéologie du concept : du poison au qualificatif social

La notion de toxicité a migré du vocabulaire médical vers le langage social courant, risquant de perdre sa rigueur analytique. Le séminaire souligne la nécessité de revenir à ses racines pharmacologiques et d’interroger la polysémie actuelle. La filiation entre« intox » et « infox » rappelle que la manipulation informationnelle est une pratique ancienne, antérieure au numérique.

La référence au pharmakon de Bernard Stiegler est centrale : le pharmakon est à la fois poison et remède, dépendant de la dose, du contexte et du sujet. Cette approche évite le catastrophisme et l’optimisme naïf tout en soulignant que certains toxiques sont irréversiblement délétères, ce qui limite la portée du paradigme pharmacologique. La notion de mithridatisation (accoutumance progressive par exposition répétée) est évoquée pour penser la désensibilisation aux contenus toxiques, phénomène silencieux favorisant la tolérance à l’anormal (fenêtre d’Overton).

2.2 Une triade analytique : Organisme, Organon, Organisation

Pour organiser la diversité des phénomènes toxiques, une triade heuristique est proposée :

• Organisme : la tension entre évolution biologique lente et évolution culturelle rapide, accélérée par le numérique, génère une forme de toxicité par inadéquation (stress, épuisement attentionnel).

• Organon : l’attention portée à la matérialité des dispositifs numériques (algorithmes, interfaces, architectures) révèle que la toxicité est souvent inscrite dans leurs propriétés intrinsèques (dark patterns, systèmes d’engagement). La critique du biomimétisme algorithmique souligne la contradiction entre modèles techniques et fonctionnement humain réel.

• Organisation : la toxicité organisationnelle se manifeste par des conditions de travail délétères, des dysfonctionnements collaboratifs, et des structures institutionnelles générant souffrance et violence sans intention malveillante explicite. Cela pose la question des régulations et des cultures d’entreprise.

2.3 Axes thématiques émergents

• Hyper-persuasion et capitalisme attentionnel : le numérique engendre une transformation qualitative, nommée hyper-persuasion, caractérisée par la permanence de la connexion, l’automatisation des boucles de rétroaction, la personnalisation extrême et l’opacité des mécanismes d’influence. Cette toxicité douce agit par accumulation progressive sans déclencher les défenses des utilisateurs.

• Censure, autocensure et déplacements normatifs : un glissement historique est observé de la censure institutionnelle explicite vers une autocensure intégrée dans les dispositifs (CLUF, modération automatisée), créant une censure distribuée et insidieuse, posant des questions sur la liberté d’expression.

• Désinformation et fact-checking : la tension entre épistémologies de la vérité objective et des processus construits est centrale. Une critique du fact-checking dominant met en garde contre ses effets polarisants. Une approche info-communicationnelle interroge les processus de production, circulation et légitimation des énoncés, sans naturaliser la notion de preuve.

• Individuation, subjectivation et gouvernementalité algorithmique : la toxicité numérique peut agir comme désindividuation en court-circuitant les médiations symboliques et collectives, réduisant la complexité humaine à des variables mesurables. Le phénomène de « breaching » (rupture délibérée des normes communicationnelles) est identifié comme une pratique toxique favorisée par les milieux numériques.

2.4 Spécificité disciplinaire InfoCom

Trois traits distinctifs de l’approche InfoCom sont soulignés :

• L’attention aux médiations : la toxicité se comprend dans les processus communicationnels situés, non isolée.

• L’attention aux propriétés des milieux médiatiques : effets propres des architectures médiatiques (polarisation, attention, visibilité).

• La tension entre information et communication, refusant leur réduction mutuelle, essentielle pour comprendre la toxicité numérique.

III. Conclusion : esquisse d’un programme de recherche

3.1 Ouvertures du séminaire

Le séminaire a permis d’ouvrir un espace de mise en commun fertile et de révéler la toxicité comme opérateur analytique transversal. Il a mis en lumière des tensions épistémologiques fructueuses autour de la désinformation et de la nature du numérique comme vecteur de toxicité.

3.2 Questions prioritaires à approfondir

• Clarification conceptuelle de la toxicité en InfoCom, articulation avec notions voisines et limites du paradigme pharmacologique.

• Analyse des conditions d’émergence (propriétés des dispositifs, milieux, organisations) et d’effectivité (effets mesurables selon profils, contextes, seuils).

• Mesure des doses et seuils dans des milieux sociotechniques, développement d’indicateurs (charge attentionnelle, polarisation, santé mentale).

• Analyse des matérialités techniques et collaboration interdisciplinaire pour comprendre les architectures et algorithmes.

• Recherche sur les antidotes, prophylaxie et compétences situées, en évitant la prescription normative et les effets pervers des « espaces sûrs ».

• Réflexion politique et éthique sur les désignations de toxicité, responsabilité et normativité.

3.3 Suites envisagées

• Production d’une note synthétique pour diffusion interne.

• Organisation d’une nouvelle séance élargie, structurée autour des axes prioritaires.

• Préparation d’une journée d’étude ouverte avec intervenants extérieurs et publication collective.

• Exploration de collaborations interdisciplinaires avec informaticiens sur les architectures techniques et l’intelligence artificielle.

3.4 Hypothèse finale : la toxicité comme révélateur

La toxicité est moins un objet délimité qu’un révélateur des tensions constitutives des environnements informationnels contemporains (entre information/communication, individu/collectif, technique/humain, vitesse/durée, émergence/effectivité). Sa polysémie et sa résistance à une définition close en font un opérateur précieux pour la discipline, qui doit conjuger rigueur analytique et responsabilité éthique. La toxicité ne doit être ni réduite à une morale simpliste, ni ignorée par neutralité analytique.

Réflexions complémentaires et pistes de débat

• Métaphore originelle : vecteur perçant l’intégrité d’un corps par une substance agissante.

• Inspiration des trois écologies de Guattari pour penser santé et viabilité des pratiques numériques.

• Question des addictologies aux infox, plaisir paradoxal lié à l’angoisse et comportements agressifs.

• Importance des métaphores biologiques et organiques pour aborder la complexité.

• Recherche de modalités d’immunisation et d’antidotes évitant les prescriptions normatives ou thérapies de conversion.

• Question de la toxicité des productions factices et illusions.

• Analogie entre intoxication informationnelle et virus perturbant les processus de traitement.

• Contrepoint avec la vertu subversive de l’art, évoquée par Rimbaud dans sa « lettre du Voyant ».

• Distinction lexicale à approfondir entre empoisonnement, intoxication, corruption, corrosion, dérèglement, perte d’intégrité, incapacitation, paralysie, mise à mort, brouillage, emprise, invalidation, affaiblissement [[35]][35] [[36]][36].

Soutenance de thèse de Pierre Beslay

Thématique : Coopération
Le 11 décembre 2024 Pierre Beslay-Galan à soutenu sa thèse intitulée :
Converser avec les vivants, une sémiotique du vin durable
Devant le jury composé de :

  • Mme Clémentine HUGOL-GENTIAL, Professeure, CIMEOS, Université de Bourgogne (Examinatrice)
  • Mme Joëlle LE MAREC, Professeure, PALOC, Museum National d’Histoire Naturelle (Rapportrice)
  • Mme Eleni MITROPOULOU, Professeure, CRESAT, Université de Haute-Alsace (Rapportrice)
  • M. Manuel ZACKLAD, Professeur, DICEN, Conservatoire National des Arts et Métiers (Directeur de thèse)
Résumé
Une étude en SIC qui vise à articuler les dimensions de production et de consommation des vins pour étudier la façon dont elles sont affectées par la transition écologique. Notre étude s’appuie essentiellement sur le cadre de la Sémiotique des Transactions Coopératives, développée par Manuel Zacklad, tout en intégrant d’autres apports issus du pragmatisme, des différentes traditions sémiotiques ou encore du travail de Bruno Latour. Notre enquête, qualitative, a porté essentiellement sur le travail dans des petits domaines viticoles engagés dans des pratiques durables dans lesquels nous avons-nous-même travaillé. Pour la consommation, nous avons d’abord repéré sur YouTube des pratiques originales et amatrices, susceptibles, à notre sens, de poser à nouveaux frais la question du goût sans s’embarrasser des normes strictes qui se sont imposées au monde de la dégustation des vins. Cela nous a amené à élaborer un protocole de dégustation expérimentale, dans une perspective exploratoire, que nous avons pu mettre en œuvre à deux reprises pour démontrer qu’une approche plus souple et plus ouverte de la dégustation pouvait susciter une meilleure réception des vins issus des pratiques durables. L’analyse sémiotique, ouverte sur les pratiques elles-mêmes et les non-humains, nous permet d’articuler les dimensions symboliques à l’expérience sensible elle-même en évitant l’écueil repéré par l’anthropologue Léo Mariani à propos des durians d’une forme de saturation symbolique où certains discours, loin de faciliter l’accès à une expérience sensible, y font finalement obstacle (Mariani, 2020). Cela rejoint l’analyse que nous faisons des pratiques d’élaboration des vins qui, considérées dans cette même perspective sémiotique, impliquent de nombreux niveaux de communication non symboliques. Articuler ces différentes dimensions nous amène à penser la transition écologique du vin comme un phénomène d’intensification des échanges sémio-communicationnels entre humains et non-humains. Plus généralement, cette enquête est aussi pour nous une proposition pour penser, depuis les SIC, la transition écologique. A notre sens, il y aurait une grande richesse à savoir articuler les différents niveaux sémio-communicationnels pour quitter les postures parfois trop anthropo- ou techno-centrées qui prévalent en SIC et rendent particulièrement difficile l’appréhension du grand bouleversement écologique.

Docam’23

Thématique : Coopération

The 2023 Annual Meeting of the Document in Paris 

Program

We are pleased to announce the Docam’23 program.

DOCAM’23 program

Registration

Every person attending DOCAM’23 (presenting or not) needs to register.

While there are some costs in putting on a conference, we want this meeting to be inclusive and accessible to students, artists, and others whose conference budgets may be limited. The fees collected will help cover the stipend for a keynote speaker, the DOI fees for our open-access Proceedings, and some food costs. 

Register here : https://forms.gle/MgmvdswoC7ehtJkw8 

We look forward to seeing you soon at the CNAM in Paris !

Soutenance de thèse de Clémence A. GNIMASSOUN

Thématique : Coopération

Soutenance de thèse de doctorat de Madame Clémence A. GNIMASSOUN

Spécialité Sciences de l’information et de la communication

Enjeux de la valorisation des actifs documentaires en contexte d’industrie 4.0: Cas d’étude pour la gouvernance de l’information numérique à SNCF Réseau

dirigée par Monsieur Manuel Zacklad et co-encadrée par Monsieur Gérald Kembellec.

Membres du jury:

  • M. Manuel Zacklad, Conservatoire national des arts et métiers. Directeur de thèseM. Gérald Kembellec,  Conservatoire national des arts et métiers. Co-encadrant
  • M.Madjid Ihadjadene, Université Paris8. Examinateur
  • Mme Claire Scopsi,  Conservatoire national des arts et métiers. Examinatrice
  • M. Vincent Liquète,   Université de Bordeaux – INSPE. Rapporteur
  • Mme. Brigitte Simonnot, Université de Lorraine. Rapportrice
  • Mme. Valérie Bourgoin, SNCF Réseau_DGII_TD_DAC, Invitée

Mots-clés : Gouvernance de l’information, transformation numérique, gouvernance documentaire, gestion documentaire, transmédia, transmédiation, dispositif de médiation documentaire numérique.

Résumé :

La question de la gouvernance de l’information est de plus en plus préoccupante au sein de toutes les organisations du fait de la numérisation généralisée des environnements de travail ainsi que de l’accroissement du volume d’informations désormais existant.
Dans cette thèse réalisée en contrat cifre, nous avons traité des nouveaux enjeux de la gouvernance de l’information numérique en milieu organisationnel de type entreprise. Notre étude s’est focalisée particulièrement sur la valorisation des productions documentaires en tant qu’élément essentiel dans la réussite de cette gouvernance. Pour ce faire, nous avons interrogé l’objet même du document, sa fonction et les méthodes de gestion traditionnellement mises en œuvre au sein de l’entreprise. Pour ces dernières, nous avons étudié leur adaptabilité aux besoins et pratiques informationnels réels des acteurs mais aussi à ceux de l’entreprise en général. Nous avons aussi porté notre réflexion sur la capacité de ces méthodes à répondre aux nouveaux enjeux informationnels et technologiques émergents notamment avec les perspectives de l’industrie 4.0.
De façon originale, nous mobilisons comme outil d’analyse, la théorie de la STC  qui nous offre un niveau d’analyse permettant de saisir les interactions entre l’architecture des supports d’écriture et d’enregistrement, l’organisation des artefacts porteurs de valeur et les relations entre les différents acteurs impliqués dans l’activité coopérative en question. Ceci donne ainsi les moyens de repenser la gouvernance de l’information par les pratiques réelles des acteurs dans la coopération en valorisant le niveau micro-organisationnel de l’activité trop souvent ignoré dans les approches de gouvernance beaucoup trop verticales. Cette part donnée aux pratiques réelles de l’activité opérationnelle dans le contexte réel de la SNCF Réseau permet à notre travail de fournir une approche pragmatique de la question de la gouvernance de l’information.

Parution de l’ouvrage « Les labs internes : de l’innovation au design »

Thématique : Coopération

Cet ouvrage présente les résultats intermédiaires du programme de recherche « Observatoire des labs d’Innovation » né de la collaboration initiée depuis plusieurs années entre le collectif Codesign-it et le Conservatoire national des arts et métiers (au laboratoire Dicen, Manuel Zacklad, Béa Arruabarrena et Naïk Guezel).

Après un historique de l’émergence des labs internes dans les grandes entreprises et une présentation de la démarche de recherche intervention, il introduit une typologie des innovations qu’ils contribuent à faciliter (produit-service, organisationnelle, managériale, collaborative). Il présente ensuite l’originalité de la production de cette innovation analysée comme basée sur une plateforme d’innovation expérientielle dédiées à la résolution des problèmes de conception. Enfin, il présente une typologie des activités de design mises en œuvre par les labs pour permettre la résolution de ces problèmes de conception : design de solution, de relation et de milieu.

Il sera bientôt disponible en ligne ou dès à présent en version papier.

Les labs internes

Dans la suite du programme « Observatoire des labs d’innovation », l’équipe s’est intéressé à la problématique des laboratoires d’innovation publique et a étudié en détail trois cas représentatifs au sein des labs Etat’Lin, Lab’O et Carlab en suivant la méthode RICO-D de recherche intervention par le co-design :

Le site de l’observatoire des labs d’innovation

 

Les nouvelles formes entrepreneuriales et leurs dispositifs collaboratifs

Thématiques : Coopérationsponsable de la thématique

Cycle de séminaires :

  • 16 Mars – De nouvelles formes managériales et entrepreneuriales ?
  • 18 Mai – Enjeux de l’évaluation de la performance et de l’impact social
  • 1er Juillet – Les dispositifs collaboratifs à vocation
  • 30 Septembre –  ESS : évaluation ? L’ESS bousculée et repensée ?

Séminaires « Les nouvelles formes entrepreneuriales et leurs dispositifs collaboratifs » (en savoir plus...)

Séminaire 1 – 16 Mars (14h-18h) : De nouvelles formes managériales et entrepreneuriales

Présentation

De nouvelles formes entrepreneuriales et leurs dispositifs collaboratifs cherchent à répondre en se réinventant, aux enjeux actuels suscités par l’urgence écologique et la montée des inégalités. Face au défi écologique, inédit dans l’histoire humaine, et aux problématiques sociales et technologiques, le capitalisme néolibéral a commencé à être remis en question depuis une décennie. Les nouvelles formes de contestation utilisent des dispositifs originaux, éloignées de celles promues traditionnellement par les partis et les syndicats ; Occupy WallStreet, los “Indignados”, la remunicipalisation de l’eau notamment à Naples, l’occupation de la place Taksim à Istanbul, les printemps arabes, le mouvement des Gilets Jaunes, Extinction Rébellion, etc. proposent des critiques acerbes du fonctionnement de l’économie et des entreprises contemporaines (Sitrin & Azzellini, 2014) vers des formes démocratiques “sauvage” (Lefort, 1961) ou “insurgente” (Abensour, 2004).

Paradoxalement, ces mouvements contestataires, voire insurrectionnels, surgissent à une époque de diversification et de profusion de formes organisationnelles alternatives et le retour du concept d’utopie (Bregman, 2017; Picard & Lanuza, 2016) :

– Création de dispositifs gestionnaires socio environnementaux pour les entreprises commerciales : Responsabilité sociale des entreprises/organisations, label B Corp, Entreprise à Mission, l’agrément ESUS, etc.

– Regain d’intérêt pour des formes alternatives d’entreprise et d’entrepreneuriat : retour de la thématique des communs (Coriat, 2010; Dardot & Laval, 2015), renouveau des entreprises de l’économie sociale (SCIC, SCOP), développement d’une économie plurielle (Aznar & Faugère, 1997; Laville & Cattani, 2006) et solidaire (Laville, 2016), forme d’entrepreneuriat social, social business, économie de la fonctionnalité (Gaglio et al., 2011), etc.

– Médiatisation de nouvelles formes managériales post autoritaires (Picard, 2015) : sociocratie, holacratie, entreprises libérées, entreprises opales, etc. portée par des nouveaux gourous du management (Robertson, Laloux, Getz).

Des expérimentations émergent au sein de l’ESS. Elles accentuent cependant les contradictions sous-jacentes et déjà présentes (Draperi, 2010), ce qui entrave aujourd’hui toute tentative de penser une théorie générale de l’économie sociale et solidaire (Draperi, 2012; Hiez & Lavillunière, 2013; Laville, 2016).

En effet, si les discours généraux qui cadrent les doctrines ne sont pas ancrés dans des dispositifs d’action précis ils ont souvent peu d’effets, voire ils se retournent contre l’intention de leurs promoteurs.

Les travaux en sciences humaines et sociales et notamment en sciences de l’information et de la communication (SIC) invitent ainsi à ne jamais séparer la question de l’activité ou de la pratique, celle de la transformation des individus et des collectifs et celle de l’aménagement des milieux d’activités dans leurs dimensions techniques, notamment numérique, spatiale et temporelle. .Ces approches peinent à prendre en considération les travaux qui montrent l’importance de la prise en compte des “effets de dispositifs” (Pernet et al. 2017) pour expliquer les changements de “régime de conversation” qui rendent possible la transition (Zacklad 2020). Ceux-ci s’appuient de manière fortement intriquée sur trois types de dispositifs :

Front Page

– info-communicationnels matériels, permettant l’accès aux conversations

–  signifiants, permettant le partage du sens et de la signification

– narratifs/cognitifs permettant l’engagement dans l’action.

Ainsi la question des pratiques démocratiques qui permettent la constitution de collectifs soudés, par exemple, ne peut pas être séparée des questions de l’asymétrie d’information. Celle-ci est le plus souvent relative aux problèmes à traiter, notamment ceux des métiers et de leurs contraintes comme à ceux de la répartition de la valeur. De même, les enjeux du métier comme ceux des pratiques délibératives ne peuvent être séparés de celles des dispositifs collaboratifs qui permettent le partage des informations et des connaissances comme celui des émotions et de la reconnaissance mutuelle des intervenants. C’est le propre des innovations sociales que de proposer de nouvelles modalités d’action et d’intervention au plan politique, cognitif et pratique.

Cependant, les frontières entre ces pratiques restent aujourd’hui floues et les relations entre les formes alternatives sont encore aujourd’hui peu étudiées par la littérature (un travail sur la RSE au sein de l’ESS a ainsi été initié par le RIUESS).

L’objectif de ce séminaire est d’ouvrir un débat à la fois académique et professionnel :

– Comment ces courants et de ces pratiques entrent ils en relation ?

– Sont-ils complémentaires ou bien contradictoires ? • Par quels dispositifs s’inscrivent-ils dans le réel organisationnel et managérial ?

– Dans quelle mesure de tels dispositifs viennent questionner les conceptions traditionnelles de l’entreprise et de l’organisation du travail ?

– Ces formes peuvent-elles être de véritables sources de transformation ou restent-elles de simples effets de mode ?

Soutenance de thèse de Lisa Chupin

Thématique : Coopération

Le 1er décembre à 14h30, Mme Lisa Chupin soutiendra sa thèse de doctorat intitulée :

Enjeux communicationnels de la conception de dispositifs de médiation documentaire augmentée pour les herbiers numérisés

Devant un jury composé de :

  • Mme Marie Després-Lonnet (Rapporteur)
  • Mme Florence Millerand (Rapporteur)
  • Mme Brigitte Simonnot
  • Mme Geneviève Vidal
  • Mr Manuel Zacklad (Directeur)