Archives du mot-clé fab’mem

La collecte de mémoires comme acte militant ?

abstraction rouge

Séminaire joint Fab’mem (Dicen-idf Cnam/Paris) et Cité des mémoires étudiantes

Le jeudi 31 mai 2018 de 15h00 à 17h00

A la Maison des Sciences de l‘Homme Paris Nord , salle 40720, avenue George Sand – 93210 La Plaine St-Denis

Mo Front Populaire (ligne 12) Plan

Entrée libre sur inscription à  ">claire.scopsi@lecnam.net

Collecter des traces de passé, les archiver, les exposer, les publier en ligne ou dans une émission de radio, peut être la manifestation d’un acte militant. C’est l’occasion de relayer un message, d’animer un réseau, mais lesquels ? C’est aussi l’occasion de réactiver des liens et des causes. Comment gère-t-on cet aspect des collectes, tout en préservant l’éthique archivistique ?

Autour des cas pratiques et des témoignages des associations Génériques (archives et mémoires de l’immigration), Bobines féministes (Mouvement de Libération des Femmes) nous tenterons de dresser un état de lieux des fonds militants en France et de répondre aux questions suivantes : 

Les archives des mouvements militants sont-elles des archives comme les autres ?

  • Les fonds des mouvements militants ont-ils des compositions particulières : éphémères, documents amateurs, document numériques, captations, témoignages oraux…
  • Nécessitent-ils un traitement particulier ? Quels types de valorisation peut-on réaliser ?

Les archivistes des mouvements militants sont-ils-elles des archivistes comme les autres ? :

  • Faut-il être militant pour archiver les mouvements militants ? Sinon, quelle empathie et quelle déontologie ?
  • Quelles méthodes spécifiques développe-t-on pour collecter et conserver ce type d’archives (recours aux réseaux, méthodes participatives…) ? Quelle collaboration avec les institutions patrimoniales ?

Performativité des collectes de mémoires des mouvements militants :

  • Qu’apportent les collectes de mémoires militantes et leur valorisation aux mouvements eux-mêmes? Permettent-ils de relancer un réseau, une action ? De transmettre les causes aux plus jeunes ?
  • Collecter et archiver les mémoires peut-il changer le regard (du public, des institutions) porté sur le mouvement ?

Programme de la table ronde :

  • 15h00 -15h20 Introduction Claire Scopsi (Dicen-idf)- Jean Philippe Legois(CME)
  • 15h20-16h00 Tatiana Sagatni, archiviste – chargée de projets association Génériques.- discutante Ioanna Kasapi (CME)
  • 16h00 16h40 : Hélène Fleckinger et Nadja Ringart (Bobines Féministes) – discutante Claire Scopsi

Portail Studens des mémoires étudiantes : http://www.studens.info/

Site de Génériques : http://www.generiques.org/

Présentation de Bobines féministes : http://www.labex-arts-h2h.fr/IMG/pdf/bobines.pdf

 

4ème séance du séminaire fab’mem : Lénaïk LEYOUDEC

Invité : Lénaïk LEYOUDEC (doctorant Cifre, COSTECH) « Assister la mémoire familiale via l’éditorialisation de l’archive ».

En nous présentant son travail de thèse mené au sein de Perfect Memory, LénaÏk Leyoudec, nous invitera à réfléchir aux processus de transmission des contextes d’intelligibilité des films de famille. Au-delà de la transmission des supports et des procédés mis en œuvre pour leur pérénisation, comment s’opère la transmission des informations permettant d’en maintenir le sens ?Des solutions techniques d’enrichissement sémantiques sont-elles mobilisables pour reconstruire ces mémoires familiales ?

 

3ème séance du séminaire fab’mem : Jean-Barthélemi Debost

Invité : Jean-Barthélemi Debost (Historien, Directeur réseau et partenariat du Musée national de l’histoire de l’immigration,). « Méthodologies des répertoires de projets de mémoire ».

Il n’est pas rare de voir la notion de mémoire associée aux termes « frénésie », « obsession », « explosion » voire »overdose », laissant entendre que notre époque vivrait un excès presque pathologique de retour sur le passé. Mais qu’en est-il réellement ?Si les célébration officielles peuvent être facilement repérées, comment peut-on évaluer le nombre et la nature des projets  mémoriels menés par des associations, des collectifs d’habitants, des institutions locales ?

Jean Barthélémi Debost, auteur d’un Répertoire analytique des actions de terrain travaillant l’histoire et/ou la mémoire de populations et/ou de territoires,  partagera son expérience, ses méthodes et ses réflexions sur l’identification, la description et la catégorisation des projets mémoriels.

2eme Séance Séminaire Fabriques de mémoires

Le Dicen-idf  Cnam Paris (EA 7339) a le plaisir de vous annoncer la 2ème séance du séminaire fabriques de mémoires (fab’mem) consacré aux méthodes et techniques des collectes de mémoires à l’ère numérique.

Le Mardi 22 Septembre  2015,  16h30-19h00
Au Conservatoire des Arts et Métiers,
Amphi C (Abbé Grégoire ) !!!!ATTENTION salle susceptible de changer !!!!!!!!!!!!!
292 rue Saint Martin – 75003 Paris M° Arts et Métiers ou Réaumur-Sébastopol

Accès libre, merci de confirmer votre inscription à : claire.scopsi@cnam.fr

 Invitée : Michèle Gellereau* :  De la collecte de la mémoire des amateurs aux pratiques de médiation : témoignages autour des objets de guerre en musée, l’exemple des projets TEMICS et TEMUSE 14-45″.

 *Professeur émérite en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lille3. Membre du laboratoire GERiiCO.

Par  « collectes de mémoires, nous désignons toute action individuelle ou collective visant à recueillir des témoignages du passé ou du présent pour les conserver, les partager, les transmettre, les mettre en valeur.

En raison de plusieurs facteurs ( popularité des matériels de captation numérique, développement du concept de patrimoine immatériel par l’UNESCO, émergence des applications de gestion de contenu et de publication multimédia sur le web), de nombreuses collectes sont lancées par des professionnels des archives, des musées ou des bibliothèques, des professionnels indépendants (historiens privés, « écrivains publics », biographes) ou des amateurs dans le cadre de projets associatifs ou familiaux.

Ces collectes peuvent être patrimonialisées par des institutions comme le sont par exemple les films de famille (Ciclic, Cinémathèque de Bretagne), ou la galerie des dons  du Musée de l’histoire de l’immigration à Paris où « chaque visiteur souhaitant confier le parcours migratoire de sa famille est invité à offrir au musée une part de son histoire personnelle, qu’elle soit individuelle ou collective, intime et singulière. »

Elles peuvent être valorisées pour créer des expositions, documentaires, livres ou animations artistiques, ou s’intégrer la scénographie d’un musée.

Avec Michèle Gellereau, nous nous interrogerons sur le rôle des amateurs et collectionneurs d’objets et leur relation avec l’institution mémorielle ou patrimoniale. Quel rôle jouent-ils dans la conservation et la sauvegarde des objets, la transmission du sens attaché aux objets, et la médiation entre le public et l’institution ?

Ouverture du séminaire fabriques de mémoires (fab’mem)

Logo du projet Passerelle de MémoiresEn marge du projet « Passerelle de Mémoires d’île de France » (http://passerelle.hypotheses.org/) qui élabore une plateforme numérique d’outils pédagogiques et méthodologiques destinés aux porteurs de projets de collectes de mémoires, le séminaire fab’mem s’adresse aux archivistes, documentalistes, historiens amateurs, documentaristes, artistes, étudiants, chercheurs, animateurs, artistes, associations ou particuliers concernés par les entretiens oraux, les collectes de témoignages et de documents destinés à construire une mémoire.

Il propose aux praticiens et aux théoriciens  d’aborder la collecte de mémoire filmée comme un genre en soi comportant ses contraintes, ses modes d’élaboration et pouvant conduire à des formes de narrations spécifiques. En effet, le numérique modifie les conditions de captation en offrant des matériels de plus en plus abordables et massivement appropriés par le public amateur. Le Web 2.0 offre aux témoignages filmés des possibilités de valorisation peu coûteuses. On observe donc, dans les projets en cours, une tension entre l’objectif de préservation d’une mémoire « pour l’histoire ou la micro histoire » et l’objectif de donner à voir cette mémoire selon les normes professionnelles du récit audiovisuel. Entre image-preuve et image-spectacle, quel espace d’innovation peut-on ménager pour la valorisation des mémoires ? Il s’agit donc de  questionner la pertinence, les limites et les potentialités de l’outil audio-visuel dans ce que Ricoeur nomme la « représentation historienne », c’est-à-dire dans la construction narrative et rhétorique d’une relation des faits passés.

1ère séance : L’articulation entre récit et document oral : les récits de mémoire filmés sont-ils des documents ou des fictions ? 

mardi 26 mai 2015,  16h30-19h00

Au Conservatoire des Arts et Métiers, salle 31.1 .53

2, rue Conté – 75003 Paris M° Arts et Métiers

Accès libre, merci de confirmer votre inscription à : claire.scopsi@cnam.fr

Intervenants :

Lorsqu’elle a recours à l’audiovisuel, comment la « représentation historienne » (Paul Ricoeur), peut-elle résoudre la tension entre la préservation de la mémoire ou du témoignage et sa mise en spectacle sur le web, sur un écran de cinéma ou de télévision, dans une scénographie d’exposition, de musée ou une installation artistique? Les praticiens de l’histoire orale refusent la mise en scène pour rechercher une neutralité de forme et la capture d’une parole authentique, mais celle-ci n’est-elle pas illusoire ?  A l’inverse Régine Robin (1986) proclame, contre les formes stéréotypées des récits de vie, que « seule la fiction permet de dire du vrai » et revendique des récits qui prennent en compte le langage comme matière signifiante.

L’entretien de mémoire filmé et sa valorisation publique accentuent le risque de « fausse nouvelle » (Marc Bloch) tout comme la conscience de porter au public la mémoire d’un groupe peut contraindre le témoin à mettre en scène son récit. Ainsi, introduire un medium pour enregistrer, capter puis représenter un entretien, est un acte fort qui transforme le principe de collecte d’entretien pour l’histoire.  Quel est le rôle du récit de vie filmé dans la reconstruction d’un fait passé ? Quel type de récit le témoignaire peut-il attendre et doit-il susciter ? Quelle attitude adopter devant l’erreur ou le mensonge ?

Claire Scopsi

claire.scopsi@cnam.fr

http://dicen-idf.org/membre/scopsi-claire/