Archives pour la catégorie Actualités

Séminaire « Risques et concepts associés à l’ère de la transformation numérique, sanitaire et écologique »

Thématique : Intelligence

Séance du 7 juin 2022, de 14h à 16h.

Sophie Huberson, délégué général au SNELAC avec une interventionSites de loisirs: de la cartographie du risque à la menace

Les sites de loisirs, d’attractions et culturels reçoivent des millions de visiteurs chaque année. La sécurité des visiteurs et des collaborateurs constitue la priorité, essentielle au développement et à la réussite du secteur. La qualité de l’accueil et du divertissement est indissociable de son corollaire : la sécurité. Pour l’assurer, les exploitants doivent dresser une cartographie des risques qui englobe l’entièreté du « parcours du visiteur » : en amont de sa visite (sécurité digitale) et tout au long de son parcours lors de sa venue sur site (sécurité technique, sanitaire, sûreté, etc.). Quand le risque se transforme en menace, la préparation à la gestion de crise et à la continuité d’activité sont déterminantes. Face à la mutation de menaces existantes et à l’apparition de nouvelles menaces, les exploitants adaptent leurs moyens de résistance et de résilience pour que la visite de leurs sites demeure le loisir le plus sûr hors de chez soi.

Richard Cantin, laboratoire Génie Civil et Bâtiment, ENTPE – Patrimoine et changement climatique.

Le changement climatique en cours a de nombreux impacts sur l’homme et son habitat. Il engendre des risques pour les bâtiments et révèle de nouveaux défis pour la conservation et la réhabilitation du patrimoine bâti.  Pour transmettre aux générations futures cet héritage du passé aujourd’hui menacé, il est nécessaire d’appréhender la complexité des relations entre les bâtiments et des conditions climatiques changeantes. Afin de décrire l’influence du changement climatique sur le patrimoine bâti, il est possible, à l’aide d’exemples en France et dans le monde, de caractériser plusieurs impacts. La connaissance de ces impacts est de nature à favoriser le développement des capacités de résilience et d’adaptation des sociétés face au changement climatique.

Le séminaire se déroule au format hybride. L’inscription est obligatoire, je vous remercie de bien vouloir indiquer votre nom et adresse mail au moment de l’inscription pour pouvoir recevoir le lien zoom: https://framadate.org/81zA1pJZAAGkPFPW

Séminaire « Risques et concepts associés à l’ère de la transformation numérique, sanitaire et écologique »

Thématique : Intelligence

Séance du mardi 31 mai 2022, 14h00 – 16h00 sur zoom.

Patrick Cansell, ARTEM Formation et Bruno Tricotet, capitaine des sapeurs-pompiers au SDIS77  Cyber et (h)activisme – vers la crise hybride

S’il existe de nombreuses définitions de ce qu’est une crise – et nous balayerons certains concepts dominants dans le monde des entreprises et des institutions – il importe de prendre la mesure des ruptures à l’œuvre dans le mode opératoire des organisations activistes. Il s’agit non seulement de dénoncer un acteur au comportement jugé inapproprié de leur point de vue, mais aussi désormais de déstabiliser ledit acteur dans le cadre de manœuvres ambitieuses et foudroyantes.

Nous étudierons dans un premier temps des cas « traditionnels » et « asymétriques », tel que Greenpeace vs Mattel, qui déploie en juin 2011 une stratégie habile d’encerclement d’une cible « molle », prisonnière de la nature de son activité (les jouets) et de son corollaire, les clients de sa marque (les enfants). De tels cas servent souvent de référence en matière de crise réputationnelle orchestrée par des mouvements activistes.

Nous comparerons ces pratiques de référence avec l’évolution des modes opératoires observables depuis quelques années, qui évoluent selon deux axes principaux : radicalisation et hybridation. Contrairement à la stratégie habituelle d’encerclement, les dimensions de l’action (terrain, médias traditionnels, réseaux sociaux) s’interpénètrent désormais dans un « art opératif » nouveau. Qui plus est, la dimension cyber (popularisée sous le terme d’ « hacktivisme ») n’intervient plus comme un type d’action à part entière, autonome voire complémentaire à d’autres actions, mais comme l’une des fonctions clefs de cet action hybride : atteinte aux activités, saturation des systèmes, renseignement et vol de données sensibles… Cette hybridation génère une inversion du rapport de force.

L’objectif de cette présentation sera de dresser un modèle des risques générés par ce mode opératoire hybride, particulièrement versatile, qui ne vise plus un objectif tactique (obtenir un changement de posture sur un sujet donné, par exemple) mais un objectif plus profond, « politico-stratégique », ce qui remet de facto en question la capacité des organisations à encaisser ces chocs.

Le séminaire se tiendra en visio sur zoom. Le lien sera envoyé aux personnes inscrites peu avant le séminaire.

L’inscription est obligatoire. Je vous remercie de bien vouloir indiquer votre nom et adresse mail au moment de l’inscription pour pouvoir recevoir le lien zoom : https://framadate.org/81zA1pJZAAGkPFPW

8e conférence Document numérique et Société

Thématique : Data

La 8e conférence Document numérique et Société : « Communication scientifique et science ouverte : opportunités, tensions et paradoxes » se tiendra les 23 et 24 juin 2022 à Liège (Belgique).

Programme prévisionnel : https://docsoc2022.sciencesconf.org/resource/page/id/6

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 5 juin : https://forms.gle/MbeSXBHH3TGbAwty7

Informations pour le séjour à Liège : https://docsoc2022.sciencesconf.org/resource/page/id/3

 

Séminaire « Risques et concepts associés à l’ère de la transformation numérique, sanitaire et écologique »

Thématique : Intelligence

Séance du 19 avril 2022, 14h00 – 16h00
Lucile Desmoulins, laboratoire DICEN-IdF Université Gustave Eiffel et Zineb Serghini, Université Catholique de Lille – Risques financiers et réputationnels des stratégies d’influence qualifiées d’astroturfing.

L’astroturfing est une activité communicationnelle stratégique intégrée à des stratégies commerciales ou d’influence politique dont les objectifs sont de manipuler des processus de décision (achat, vote, formulation d’un texte réglementaire) en simulant l’émergence spontanée ou la montée en puissance rapide d’un mouvement d’opinion ou d’un groupe mobilisé autour d’un plaidoyer. Cette pratique s’appuie sur des usurpations ou des fabriques de fausses identités numériques notamment sur les plateformes de média social. Illégales ou opaques, ce qui contrevient à l’ensemble des codes déontologiques professionnels, les pratiques d’astroturfing supposent a minima un manque délibéré de transparence sur les sponsors d’une personne, d’une organisation ou d’un mouvement d’opinion porteur d’un plaidoyer. D’après Viavoice pour Syntec Conseil en Relations Publics, 89 % des Français considèrent que les fake news peuvent avoir un effet important sur la renommée d’une société ou d’une marque. Une organisation marchande ou politique pourrait-elle aussi devoir assumer de lourds coûts réputationnels en cas de dévoilement de pratiques d’astroturfing ? Cette communication s’articulera tout d’abord autour d’une réflexion sur les modalités de dévoilement des pratiques d’astroturfing en lien avec leur médiatisation et ensuite d’une analyse du poids relatif des coûts réputationnels et des coûts financiers de la mise en œuvre de ces pratiques.

Le séminaire se tiendra au format hybride en visio et en présentiel.
Visio : Le lien Zoom sera envoyé aux personnes inscrites peu avant le séminaire.
Présentiel : Université Gustave Eiffel, IFIS, bâtiment Erasme, 6-8 cours du Danube 77700 Serris – salle 120

L’inscription est obligatoire dans les deux cas. Si vous souhaitez participer en distanciel, je vous remercie de bien vouloir indiquer votre nom et adresse mail au moment de l’inscription pour pouvoir recevoir le lien zoom : https://framadate.org/DfhAPvQuB7xHUAiH

UNIVCAMP 2022 – 11 ans de collaboration et de co-fabrication

Thématique : Intelligence

UNIVCAMP est un événement annuel proposé par les étudiants des Masters en Management de l’innovation – Immobilier tertiaire (Master MIPI) –  Numérique (Master MITIC) en collaboration avec des acteurs publics ou privés dans une logique d’open innovation.

Les partenaires 2022 sont :  BNP REPM, CPAM77, Engie solutions, Communauté d’Agglomération Paris-Vallée de la Marne, Maire de Chelles, Mairie de Magny-le-Hongre, Natixis, Opendatasoft, SEM Aménagement 77, Ville de Paris,

UNIVCAMP est l’occasion de découvrir de nouveaux services imaginés par la nouvelle génération, d’échanger autour des vidéos, présentations, maquettes, prototypes, business model et de repérer les talents de demain.

C’est aussi l’occasion de questionner les rapports crées ou consolidés par ces nouveaux services dans l’écosystème d’un territoire, d’une ville, d’un quartier, d’un ensemble de bâtiments, ou d’un bâtiment.  Repris sous le terme d’urbanité, les finalités des services imaginés par la promotion 2022 se définissent autour de 3 thèmes cette année :

  • Vivre en harmonie
  • Réduire les inégalités
  • Préserver l’environnement

Chaque service présenté lors d’UNIVCAMP répond à quatre attentes qui seront évaluées par un conseil académique et professionnel (CAP) constitué pur l’occasion :

  • Innovation de service : Dans un esprit d’amélioration de l’existant, ou de disruption les projets TIPI proposent pour leur commanditaire un nouveau service ;
  • Numérique : dimension incontournable des innovations d’aujourd’hui, le numérique est présent dans toutes les propositions ;
  • Immobilier tertiaire : dimension concrète et palpable, le patrimoine immobilier est imaginé comme un vecteur de valeur dans l’innovation de service ;
  • Responsabilité: Chaque projet est réfléchi au travers de ce prisme.

UNIVCAMP s’adresse à des professionnels, enseignants, chercheurs des domaines du numérique et ou de l’immobilier professionnel et toute personne préoccupée par la ville de demain, par des propositions de services nouveaux réalistes et responsables et par les talents qui les portent.

La 11ème édition d’UNIVCAMP se tiendra en phygital le jeudi 14 avril 2022 de 10h à 12h.

Inscription obligatoire sur le site web d’UNIVCAMP

Enjeux de l’indexation à l’heure de l’intelligence artificielle

Thématique : Traces

Séminaire Dicen, thème Editorialisation, patrimonialisation, autorité

 9 mars 2022 14h00-17h00

 Modalité : présentiel + accès à distance

2 rue Conté

Salle 30-1-16 au 1er SOUS SOL dans le « bâtiment » au centre de la cour face au porche.

 

Programme  (les temps d’intervention comprennent les échanges avec la salle)

 

14h00-14h30 Evelyne Broudoux Indexation et autorité

14h30-15h15 Muriel Amar L’indexation comme une pratique (professionnelle) de construction publique du sens (titre provisoire)

De ce point de vue, l’indexation repose sur deux fondements linguistiques : la thématisation (construction des thèmes et nomination des thèmes) et la référenciation (accès par des mots à un univers de choses : on utilise des mots en indexation non pour ce qu’ils signifient mais pour leur capacité à désigner des choses – informations, documents, segments, ressources etc.).

Plusieurs manières de thématiser et de référencer conduisent à identifier deux types d’indexation, l’une lexicale l’autre discursive : ces deux types d’indexation sont saisis dans les pratiques en fonction des contextes documentaires (nécessité ou non d’intermédiaire humain et textuel notamment).

C’est le contexte documentaire (corpus clos/corpus ouvert, données massives, données sélectives, etc.) qui pèse sur le choix d’un type d’indexation (humaine, automatique, mixte ; lexicale ou discursive dans la typologie que je propose).

Dans tous les cas de figures, un travail de petites mains, dont le caractère invisible et inachevé, collectif et donc peu identifiable fait partie de la réussite…

 

Pause

15h30-16H00 Claire Scopsi Donner accès aux captations des procès  filmés des attentats du 13 novembre 2015 : indexation ou intelligence artificielle ?

Le contexte légal des procès filmés et les caractéristiques du procès dit « des attentats du Bataclan » (9 mois de procès, 7 caméras). Volumétrie des captations et problématique des points d’accès aux Archives Nationales et les raisons du choix d’une indexation manuelle. Le dispositif d’indexation mis au point avec Annotate, et son articulation avec une éventuelle opération de reconnaissance automatique de la parole.

16h00-16h15 Gilles Bertin : Annoter les partitions de la Bnf avec Annotate.

Présentation des annotations internes aux partitions numérisées de la Bnf avec Annotate. L’objectif est de produire des corpus annotés pour l’apprentissage profond de la reconnaissance automatique des partitions.

16h15-17h00 Romain Bigay : Le taggage collaboratif des webradios musicales (sujet provisoire)

Séminaire Data, médiation, valorisation

Thématiques : Datasponsable de la thématique

Journée d’étude de la thématique
« Data, médiation, valorisation »

Le 15 avril à partir de 10h – Amphi Jean Prouvé (Côté saint Martin, accès 11, r-ch) au Cnam
Co-animée par Béa Arruabarrena, Gérald Kembellec et Karim Fraoua (poster une déclaration d’intention ou poser une question)

–> PROGRAMME <–



« Place des données dans les sciences de l’information et de la communication : usages, usagers et applications » (clickez pour afficher/cacher la suite de l’appel)

La journée d’études spéciale « data, médiation, valorisation » du Laboratoire DICEN-IdF se tiendra le 15 avril prochain au CNAM. Nous y discuterons les phénomènes data sous plusieurs angles disciplinaires : Info-communicationnel comme axe d’ancrage bien sûr, mais aussi en convoquant des postures issues notamment de l’anthropologie, de la sociologie ou même de la philosophie. L’objectif de cette journée d’étude est faire un état des travaux de recherche interne au Laboratoire DICEN-IdF sur le phénomène des datas par leurs contributions épistémologiques, méthodologiques et appliquées s’intéressent aux problématiques de data dans leurs rapports entre humains et société au regard des enjeux sociotechniques, sociocognitifs, organisationnels, socioéconomiques, politiques et éthiques qu’elles soulèvent.

A l’heure où la mise en données des activités humaines par n’a jamais été aussi importante, les technologies numériques produisent des données de manière de plus en plus massive, qui elles obligent à repenser les relations humaines, le fonctionnement de la société et les modalités de la production de nouveaux savoirs appuyés sur les contenus. Ces avancées majeures impactent nos réflexions sur la relation humaine au sens de l’interface humain-machine que ce soit par l’extension technologique de l’IOT (et des objets connectés), l’émergence de l’intelligence artificielle, le Web sémantique, le traitement des données massives, mettant en œuvre des algorithmes et des méthodes d’analyse quantitative de données de plus en plus sophistiqués, telles que le Machine Learning pour la prédiction et le Deep Learning pour la reconnaissance faciale ou encore le traitement automatique des langues avec par exemple. Toutes ces évolutions technologiques ont un impact d’ordre cognitif et anthropologique non seulement dans leur conception (design) basés sur les ressorts de la psychologie cognitive et sociale, et les récentes découvertes des neurosciences que dans leurs usages où les dispositifs data interviennent désormais dans toutes nos décisions. Ces innovations technologiques occasionnent également le développement de nouvelles formes de « gouvernementalité » pour la société, telles qu’on peut le voir avec l’utilisation des traces comportementales, ou encore avec l’intensification de plateforme de données, des API et l’automatisation des procédures portés par l’action publique par exemple. La question de l’impact de la donnée est aussi cruciale sur la production de savoir pour les recherches en sciences sociales. Ce sont aussi les questionnements éthiques tant sur le plan de la protection des données que celui de la protection des personnes qui sont convoqués.

Ce séminaire sera organisé en deux parties. Dans une première partie, il s’agira d’aborder les travaux d’ordre théorique et méthodologique visant à problématiser d’un point de vue disciplinaire, la médiation et de la valorisation des données et les enjeux associés au sein de notre société. Nous questionnerons alors la manière dont on peut analyser les dispositifs producteurs ou consommateurs de données comme « objets frontières » entre les disciplines et quelle est la porosité des dites frontières sur ces sujets. Dans la deuxième partie, nous explorerons les aspects applicatifs (expérimentation, cas d’usages, etc.) qui questionnent, mettent en œuvre ou soulèvent des problématiques de données pour la société, dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, la ville, l’écologie, le marketing et la documentation, etc.

Modalité de participation

Les contributions peuvent couvrir différents champs sur ce qui a été exposé, il faut proposer pour le 15janvier février 2022 un résumé d’une page maximum adressée à Gérald Kembellec, Karim Fraoua et Béatrice Arruabarrena (avec une courte bibliographie en cas d’intervention extérieure au laboratoire, sur proposition d’un membre du Laboratoire). Il faudra préciser dans le courriel si vous souhaitez participer sur la partie « théorique » ou dans la partie « appliquée » de l’après-midi, ou encore s’il s’agit de discuter un texte lors de la section doctorale.

JE 2020 Data, médiation, valorisation
Chaque présentation durera environ 20-15 minutes et sera suivie d’échanges avec les participants.
Les propositions des doctorants sont encouragées, surtout s’il y a un enjeu de présentation scientifique ultérieure lors d’un congrès (comme H2PTM, SFSIC…) ou encore du séminaire doctoral. Une session est spécifiquement dédiée en fin de journée à la discussion des textes de doctorants.

Programme prévisionnel du séminaire

Matin – Data et usages : Dimensions philosophique / anthropologique et techniques

  • 10h Introduction : Gérald Kembellec & B. Arruabarrena & K.E Fraoua
  • 10h15-11h00 Intervention théorique 1, Armen Khatchatourov: Deux figures de Big Data. (afficher le résumé)

    En examinant les technologies et les discours à l’œuvre dans Big Data, nous proposons d’y distinguer deux tendances en partie concurrentes qui permettent de décrire les nouveaux « diagrammes » du pouvoir, les modes de gouvernementalité qui leur correspondent, ainsi que leurs relations complexes avec les savoirs constitués.

    On postule aujourd’hui que nos savoirs dépendent de plus en plus des « données » obtenus à l’aide de Big Data. L’approche critique de ce champ, d’abord structurée par des enjeux épistémologiques, thématise la manière dont ce nouveau paradigme redéfinit la constitution des savoirs. Après une brève restitution de ce débat dans le but d’en dégager quelques éléments distinctifs et problématiques, nous allons tenter de le compléter par une approche dont l’aspiration est de dépasser les problèmes strictement épistémologiques pour s’acheminer vers ceux de l’exercice du pouvoir, en amont de la constitution des savoirs particuliers. Pour ce faire, nous tenterons de dégager le diagramme d’aujourd’hui, dans le sens où ce terme est employé par Gilles Deleuze, à savoir une représentation, une exposition « des rapports de force qui constituent le pouvoir ».

    Cette analyse, convoquant également le paradigme cybernétique ici en jeu, nous amène à formuler l’hypothèse suivante : il en va désormais non pas simplement d’une nouvelle forme historique de la relation entre les savoirs et le pouvoir mais de l’auto-actualisation indéfinie de ce dernier.

  • 11h00-11h45 Intervention théorique 2, Dario Compagno. Au-delà des big data : pour une approche model based aux données des SHS (afficher le résumé)

    Les dernières années ont vu une explosion de recherches basées sur des algorithmes
    capables d’extraire de l’information de manière purement inductive à partir de grandes
    bases de données. Ces approches permettent par exemple de réaliser des annotations en
    imitant l’agir humain (algorithmes supervisés) et même de détecter des formes invisibles à
    l’œil humain, c’est-à-dire des nouveaux observables (Rastier), sur la base d’associations
    parmi un grand nombre de petits traits pertinents (algorithmes non-supervisés). Les
    dernières technologies permettent d’intensifier la puissance de ces approches, par exemple
    grâce aux réseaux de neurones, qui identifient eux même les traits les plus pertinents pour
    une certaine tâche, et implémentent donc une approche de plus en plus créative et
    “humaine”. On a dit que grâce aux algorithmes on serait donc entrés dans un quatrième
    paradigme de la recherche scientifique, où les corrélations auraient substituées le recours à
    des modèles interprétatifs formulés à partir de théories, et cela avant de collecter des
    données. Certaines limites des algorithmes inductifs sont connues, et notamment leur
    opacité. Pour cette raison, les chercheurs se concentrent aujourd’hui dans le développement
    d’algorithmes plus facilement interprétables.
    Mais même au net de leurs problèmes d’opacité, les algorithmes inductifs souffrent d’une
    grande incapacité, d’une faiblesse qui dérive directement de la statistique traditionnelle sur
    laquelle ces algorithmes se basent. La statistique classique en effet ne sait pas passer d’une
    corrélation observée dans les données à son interprétation, notamment causale (Fisher). Et
    effectivement les algorithmes inductifs sont juste des puissantes machines à corrélation : ils
    identifient des configurations mais ils ne peuvent pas leur attribuer du sens. Depuis une
    vingtaine d’années, au contraire, une nouvelle famille d’approches se pose la question de
    formaliser les conditions en accord avec lesquelles certaines corrélations peuvent être
    interprétées causalement (Pearl). Cela permet de répondre à des vraies questions
    scientifiques, pour lesquelles des simples configurations de corrélations seraient
    insuffisantes ou pourraient même induire des lectures trompeuses. Les modèles causaux
    sont des dispositifs hypothético-déductifs qui apportent de la connaissance qualitative aux
    données, et permettent d’intégrer le travail des algorithmes (appliqués d’ailleurs souvent à
    des “small” data) dans une vraie perspective de recherche.
    Notre intervention présente ces approches model based, vis-à-vis des algorithmes inductifs,
    et se concentre sur leur applicabilité aux sciences de l’homme. En effet, les modèles
    causaux visent des interprétations causales des données, mais il n’est pas dit que cela soit
    suffisant pour les SHS (Geertz, Eco). Nous proposons donc une extension des méthodes
    causales visant à saisir le sens de données qui sont déjà signifiantes, qui sont déjà des
    signes avec leur intentionnalité (Searle), et pour lesquels une lecture causale ne serait pas
    adéquate.

  • 11h45-12h30, Intervention théorique 3, Karim Fraoua et Amos David. Émergence de la Blockchain dans l’espace numérique, une nouvelle identité partagée.
  • Pause /déjeuner libre
  • Après midi – Data et usages : Dimensions éducatives et data literacy

  • 13h30-14h15 Intervention théorique 4, Ugo Verdi, Resituer la data literacy dans son écosystème littératien (afficher le résumé)

    La donnée, objet conceptuel ayant connu une nouvelle mise en lumière avec l’évocation
    des big data, de l’open data, de l’intelligence articielle et des algorithmes, considérée
    comme le” nouveau pétrôle du XXIe siècle” (Haupt 2016) et comme avantage compétitif
    certain (CNIL and BpiFrance 2018), est l’objet de guerres commerciales et l’enjeu de
    débats citoyens récurrents notamment dans le cadre de l’appropriation des données
    personnelles et des impacts de la datafication. Dans ce contexte, la_ data literacy_ est
    alors souvent vue comme la solution miracle pour la formation de “lettrés de la donnée”
    (data literate). Or, si cette nécessité d’une maitrise des données est constamment
    évoquée, réaffirmée avec la crise de la Covid-19 (Commission Européenne 2020), nous
    constatons toutefois un manque de clarté sur l’ancrage de la_ data literacy_ dans un
    écosystème littératien complexe et profifique; la data literacy elle-même ayant connu et
    continuant de connaitre des évolutions.
    L’héritage de la data literacy est double, ancrée d’une part dans l’histoire de la donnée,
    et ancrée d’autre part dans la logique de la littératie, à savoir l’étude des effets de la
    lecture et l’écriture sur la cognition humaine (Olson and Lejosne 2006), remise en
    lumière par les travaux de Jack Goody. La littératie elle-même est traversée de plusieurs
    courants, que Sreet nomme “autonome” et “idéologique” (Street 2006) dont les
    implications techniques et culturelles façonnent les visions implémentées dans les
    littératies qui ont pu naitre par la suite (ex : Information Literacy, Data Literacy, etc.).
    Et par-delà la littératie elle-même, la data literacy est imbriquée dans un écosystème de
    littératies, dont le nombre total ne peut être quantifié notamment du fait que les
    frontières entre elles sont de plus en plus floues (Le Deuff 2012). Toutefois, plusieurs
    partagent une même appétence pour les données et en font leur matériau d’étude pour
    leurs analyses. Il est à souligner que plusieurs littératies ont précédé la data literacy
    dans l’étude des données et existent toujours actuellement. Du fait de leur ancrage,
    elles influencent la vision des données et in extenso de la data literacy, en particulier la
    statistical literacy (Shields 2005). De fait, la place de la data literacy, ses interactions vis-
    à-vis des autres littératies, tend à l’instabilité, les visions de sa nature divergeant selon
    les auteurs.
    Et si nous parlons ici de la data literacy sous l’angle d’une littératie monolotique, aux
    définitions et compétences bien arrêtées (dont les auteurs les plus connus ayant
    travaillé sur cette thématique sont notamment (Gummer and Mandinach 2015) et (Prado
    and Marzal 2013)), c’est parce qu’elle a constitué une remise en cause ayant abouti à la
    crétion de nombreuses data literacies spécialisées dans un domaine spécifique (ex : la
    pedogical data literacy (Mandinach 2012)), des compétences spécifiques (ex : la data
    visualisation literacy (Börner, Bueckle, and Ginda 2019)) ou encore des données
    spécifiques (ex : la big data literacy (Bhargava 2015)),. Les raisons évoquées sont
    multiples : manque de compétences spécifiques, nécessité d’une extension du domaine
    d’analyse ou encore dénomination inadéquate.
    Ainsi, l’objectif de cette contribution est d’apporter un éclairage épistémologique de la
    data literacy en rappelant héritage littératien de la data literacy, en analysant ses
    interactions avec les littératies voisines et enfin en traitant ses diverses spécialisations.

  • 14h15-15h00 Intervention théorique 5, Sophie Pène. Indisponibles données : Les belles endormies de l’éducation (afficher le résumé)

    La proposition porte sur les données de l’éducation. Elle vise à décrire l’état de maturité de la « donnée » (2021), et plus précisément de l’open data, dans les discours professionnels de l’administration centrale de l’éducation et de la recherche. Impossibles à produire, trop sensibles pour être partagées, marginales dans un environnement sidéré par sa propre complexité, les données de l’éducation ont été cependant en 2021 un sujet porté par la politique gouvernementale. Selon un site du MESRI (enseignement supérieur, recherche et innovation) « Ouvrir la science », « Le potentiel des données d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi que des données administratives et de pilotage de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation est encore trop peu exploité, malgré les efforts déjà engagés. Pourtant, une meilleure gestion des données permettrait un gain important de valeur scientifique, économique et d’efficacité collective ». Du côté du MENJS ( éducation nationale, jeunesse et sports), le rapport du comité d’éthique des données de l’éducation précise : « Le secteur du numérique éducatif ouvre un nouveau champ des possibles pédagogiques par le recueil, l’analyse et l’exploitation des données d’éducation. Ces potentialités nouvelles doivent d’abord être au bénéfice des élèves et de leurs familles, des professeurs, des chercheurs en éducation mais doivent aussi éclairer le pilotage du système éducatif. »

    Si la donnée ouverte est l’objet d’une politique numérique des deux ministères concernés (selon l’organisation actuelle du gouvernement, MESRI et MENJS), il apparaît que ces deux ministères qui réunissent plus de 12 millions d’usagers, en comptant les seuls élèves et étudiants, indépendamment des familles, et plus d’un million d’enseignants, ont relativement peu de jeux de données ouverts, au regard de leur puissance statistique. De plus ces jeux sont ponctuels, aléatoires et discontinus (analyse de data.gouv, rubrique éducation). Ils ne permettent pas d’évaluation systématique et participative du service public de l’éducation en France. Par ailleurs ces deux ministères ont de solides services statistiques qui publient de nombreuses études, à partir de données traitées et agrégées sans pour autant partager les jeux de données.

    L’hypothèse examinée est purement potentielle : l’ouverture méthodique de données descriptives du système éducatif aurait-elle un effet sur l’appropriation de l’éducation comme bien commun par la communauté sociale ? En somme la critique de l’éducation par les médias, les politiques et les usagers pourrait-elle évoluer si les données décrivant le service public exprimaient une redevabilité et une transparence du service public de l’éducation ?
    Si les deux ministères, en particulier le MENJS, qui se distingue au sein des autres ministères par le niveau de contrôle exercé par le cabinet sur les données publiées, et par un haut degré de définition des « données sensibles », augmentaient le flux et la complémentarité des données publiées, à quelles conditions cela pourrait-il améliorer la reconnaissance par des communautés (éducatives, informatiques, associatives) de la qualité du système éducatif et de sa valeur pour le pays ?
    L’hypothèse peut paraître anecdotique et difficile à examiner. Elle permet cependant d’expliciter les thèses sous-jacentes aux réticences, difficultés ou au contraire investissement de l’open data et de passer en revue les appels actuels à leur ouverture. Considérons qu’elle permet aussi d’évaluer avec quelques années de recul les thèses développées dans plusieurs travaux sur le rôle des données ouvertes dans les politiques de modernisation de l’Etat français (Goëta, 2016 ; 2017 Denis, 2017, 2020, Auray, 2013 ; Bellon, 2017) , autour de l’idée que l’open data a été un instrument dans ces politiques et a introduit la notion de communs numériques dans le discours d’Etat (Shulz, 2021).
    En analysant les occurrences de « données ouvertes » en contexte, il s’agit donc d’examiner si l’éducation occupe une place particulière (par son niveau de fermeture) , éventuellement en contradiction avec l’intérêt que les sujets éducatifs éveillent, et de proposer des explications (organisationnelles, techniques, éthiques). Pour interroger cette possible spécificité, on utilisera différentes sondes :
    – Etude (rapide) depuis le point d’origine d’une politique de la donnée ouverte, l’année 2013, avec l’arrivée d’Henri Verdier à la direction d’Etalab, et le développement du site data.gouv, qui seront les bases d’un discours public sur l’open data, et l’innovation publique, par l’ouverture des monopoles informationnels de l’Etat.
    – Etude terminologique du vocabulaire désignant les données : comparaison lexique statistique vs lexique data sciences, catégories descriptives (i.e : données de l’apprentissage, données PISA, données personnelles, données éducatives, données de la recherche), telles qu’émanant des textes officiels (circulaires, rapports), de la nomenclature des services et des libellés de poste, des discours des acteurs lors des entretiens.
    – Etude comparative « données de l’éducation 2021 vs données de la santé 2019 ». Les données de la santé ont connu un affinement récent, à la suite du rapport Pon (regroupements thématiques, caractérisation accrue, terminologie enrichie, définition des services producteurs, gestionnaires et utilisateurs), mais aussi sous le booster qu’a représenté la pandémie Covid-19 en termes de valorisation sociale des données ouvertes, constituant cellles-ci comme une « cause » d’intérêt général.
    – Etudes des textes officiels invitant à lier politiques d’ouverture de la donnée et politiques d’innovation. (Rapport Bothorel, ( 23/12/2020), Circulaire du premier ministre « Données, algorithmes et codes sources »(27 avril 2021), feuilles de route de 15 ministères et nomination d’un ou une administrateur des données dans chaque ministère ( septembre 2021)
    Cette proposition est un segment d’un enquête portant sur la politique numérique éducative (octobre janvier 2021), entretiens, analyses de documents et observations, au MESRI et au MENJS, et s’inscrit dans le champ d’une description sociale de la donnée, considérée comme préfigurant les possibilités et impossibilités d’une production technique de la donnée, en relation ou non avec une approche dite data by design.

  • 15h00-15h45 Actualités des données en SIC, Gérald Kembellec. Publier, décrire, partager et valoriser ses données : de nouveaux modes d’écriture en SHS (focales sur le notebook et le datapaper).
    http://r.cnam.fr/data-dicen-2022
  • 15h45-16h30
    Appel à présentation informelle aux doctorant.es : place des données dans leur projet de thèse avec une présentation de 5 min et 5 à 10 min d’échange avec la salle.
  • 16h30-16h45 – Conclusion, Clôture

Risques et concepts associés à l’ère de la transformation numérique, sanitaire et écologique

Thématique : Intelligence

Mardi 23 novembre 2021 de 13h30 à 17h30                                                                                       Le séminaire se tiendra au format hybride en visio et en présentiel.                                            Visio : Le lien Zoom sera envoyé aux personnes inscrites peu avant le séminaire (lien d’inscription à venir).                                                                                                                                    Présentiel : Université Gustave Eiffel, IFIS, bâtiment Erasme, 6-8 cours du Danube 77700 Serris – salle 120

Inscription obligatoire à l’adresse suivante : https://framadate.org/s8ibOXo2yYmcDURC

Le séminaire vise à faire un état des lieux sur la notion protéiforme de « risque » et à offrir une ouverture conceptuelle. L’objectif de ce séminaire est double. Il s’agit d’une part d’établir une typologie des nouveaux risques que rencontrent les acteurs économiques et les territoires en proie à la transition numérique, mais aussi sanitaire et écologique. Au-delà de la typologie des risques, il s’agira d’autre part, de questionner les concepts à mobiliser pour rendre compte des nouveaux enjeux et risques. Dans quelle mesure, les concepts de résilience, de (cyber) sécurité, de sureté, de protection, voire d’anti-fragilité aident-ils à appréhender la complexité des écosystèmes ?

Dans une démarche de recherche-action transdisciplinaire partant des Sciences de l’Information et de la Communication, ce premier séminaire souhaite faire un « brainstorming » sur la perception des risques de quelques acteurs de terrain que sont les caisses de sécurité sociale, la gendarmerie, les pompiers et les gestionnaires de patrimoine et ouvrir des pistes pour des recherches futures.

Programme de la première séance

14h00 Accueil des participants

14h15 Nathalie FABRY et Christian BOURRET – Présentation du cycle des séminaires et introduction à la journée.

14h45 Cyrille HUSSON, Directeur Comptable et Financier de la Caf de Seine-et-Marne – La notion de risque dans la sécurité sociale : aperçu rapide.

15h30 MDC Stéphane MORTIER, Gendarme, Direction générale de la gendarmerie nationale – La mission de sécurité économique de la gendarmerie nationale, l’agilité au service de la continuité en temps de crise.

16h15 Nathalie FABRY et Christian BOURRET – Conclusions

16h30 Discussion

 

Approches dispositives en information communication

Thématique : Coopération

Séminaire DICEN – Projet de numéro de la revue ATIC – le mercredi 17 novembre 2021 au CNAM (Paris)                                                                                                                                      2, rue de Conté – 75003                                                                                                                     Salle : 30.-1.21                                                                                                                                    Accès 30 – Niveau -1. Salle 21.

Présentation de la journée / Introduction de la matinée / Caroline Courbières & Vincent Liquète 9h30-9h45 (en présentiel)

Karel Soumagnac Approches dispositives de l’activité des usagers : retour sur le positionnement de projets de recherche en info-communication 9h45-10h05 (en présentiel)    + échanges 10 minutes

Clara Galliano Dispositifs d’accès à l’information et communication des connaissances 10h15-10h35 (en distanciel) + échanges 10 minutes

Pause 11h-11h15

Stéphane Bénassi Penser l’audiovisuel d’organisation à l’heure des réseaux sociaux 11h15-11h35 (en distanciel) + échanges 10 minutes

11h45-12h15 Discussion générale, réactions

Déjeuner

Reprise  14h

Sarah Labelle Stratégies des médiations dispositives et consécration de l’agir ingénieur 14h05-14h25 (en distanciel) + échanges 10 minutes

Susan Kovacs Analyses dispositives en SIC à la lumière de l’approche critique du document 14h35-14h55 + échanges 10 minutes

Mabrouka El Hachani Médiation des savoirs à travers une approche dispositive 15h05-15h25    + échanges 10 minutes

15h35-16h15 Discussion / conclusion de la journée / Point sur la publication du numéro d’ATIC