Projet scientifique Axe 4 : Traçabilité, identités et mémoires numériques

Cet axe s’intéresse au processus de traçabilité numérique et à ses enjeux éthiques, politiques, économiques, culturels, symboliques et sociétaux, en particulier sous l’angle des questionnements qu’il soulève autour de la mémoire et l’identité.

Si l’information, la connaissance et la culture ont toujours produit des traces et procédé elles-mêmes de traces, l’environnement numérique confère une portée inédite aux processus de traçabilité. D’abord, en multipliant les traces dans des proportions jusqu’alors inédites ; ensuite en leur accordant une primauté sur les formes plus élaborées de discours ou de représentation ; enfin et surtout en introduisant des mécanismes de traçabilité machinique, industrielle ou non-intentionnelle soulevant de nouveaux enjeux éthiques et politiques.

Dans un environnement où on ne peut pas ne pas laisser de traces, le problème du contrôle des données devient certes crucial. Mais il est plus important encore de construire des cadres théoriques et des expérimentations permettant de reconsidérer nos modèles de pensée – qu’il s’agisse de l’identité, des limites entre public et privé ou des rapports entre l’individu, la machine et le groupe.

Les principales entrées concernent :

  • l’industrialisation des traces ;
  • contrôle des données personnelles et usages ;
  • contours de l’identité numérique et mémoire.

L’entrée par l’industrialisation interroge les effets de la multiplication des traces, la portée des logiques de traitement machinique ou algorithmique, les enjeux des standards techniques et des services reposant sur une gestion des traces. La complexité croissante de ces mécanismes et leur impact sur l’ensemble des pratiques et des objets numériques appellent un travail de description, d’explicitation et de préconisation.

L’entrée par le contrôle des données regroupe les questions portant sur la conservation, la protection, l’exposition et l’appropriation des données. Ces questions sont examinées sous l’angle des dispositifs (techniques, économiques, juridiques…) ou du point de vue des usages (pratiques, représentations, attentes). Les problématiques du profilage et de la surveillance, qui suscitent à juste titre nombre d’inquiétudes, y occupent une place centrale, à côté des recherches travaillant à la mise en place de normes ou de dispositifs innovants.

L’entrée par les contours de l’identité rassemble quant à elle des travaux à visée réflexive, volontiers transdisciplinaires, dont l’objectif est de critiquer le concept même d’identité en interrogeant ses variantes et ses mutations sous l’effet de la traçabilité numérique. Avatar, réputation, identité, présence : quels sont les degrés, les formes et les statuts de nos doubles numériques ? Quels arrière-plans idéologiques ces notions embarquent-elles ? Autour de ces problématiques s’agrègent quantité de débats à structurer : sur les frontières entre espaces publics et privés, sur les droits de l’homo numericus, sur la culture numérique, sur la temporels et les temporalités partagées.

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