Projet scientifique Axe 1 – Cultures numériques et action collective : entreprise, art, démocratie

La caractéristique principale des travaux conduits dans cet axe est de saisir la codétermination entre les processus d’action collective et les multiples manifestations de la culture numérique entendue comme l’ensemble des pratiques associées au déploiement des supports digitaux dans les organisations, la cité, les activités de loisir… A ce titre, nous considérons qu’il n’existe pas une culture numérique mais plusieurs cultures qui s’interpénètrent voire peuvent s’opposer assez violemment. Par exemple, dans le monde de l’entreprise, la culture numérique peut s’entendre sous l’angle de l’accroissement de la formalisation, du contrôle, de l’automatisation, ou sous celui de l’accroissement de l’autonomie, de la « transparence », de la participation, deux perspectives qui se complètent ou se contredisent selon les contextes. Ces représentations, les pratiques associées et les modalités d’institutionnalisation potentiellement conflictuelles dont elles sont porteuses, se traduisent également dans les choix techniques promus par les concepteurs, les industriels, les normalisateurs, comme nous l’avons montré autour de l’alternative dont le web socio-sémantique est porteur face aux tenant de web sémantique formel.

La culture numérique se manifeste d’abord dans l’usage des supports que sont les documents numérique et les systèmes d’organisation des connaissances (SOC) qui tout à la fois les structurent, conditionnent les modalités de partage, de diffusion et d’accès à l’information produite par le collectif. Le terme de document est à comprendre de manière abstraite comme désignant tout artefact support d’écriture ou de retranscription visant à assister les processus mémoriels dans le cours d’une activité selon différents empans temporels (Zacklad 2004). On s’intéressera particulièrement aux « documents numériques », c’est-à-dire aux documents bureautiques, blogs, wiki, messagerie, réseau sociaux, CMS et plateformes de collaboration diverses, de plus en plus fréquemment accessibles via le web. Les environnements pris en compte dans l’axe 1 privilégient notamment le contexte de l’entreprise (projet, communautés de pratiques, processus métier…), de la création artistique professionnelle ou amateur et de ses prolongements muséologiques et celui de l’action publique associative ou résolument militante.

On s’intéressera, par exemple, à la manière dont les SOC jouant un rôle de métadonnées permettent de classifier les productions collectives, de les comparer, de les hiérarchiser et sont porteurs de considérations relationnelles, socio-économiques, politiques… en renvoyant également à des questions liées à l’évaluation de l’activité (cf. liens avec les axe 1 et 2). Ces questions sont aussi directement en phase avec un questionnement sur la « coopérativité » dans les différentes structures sociales (réseau, communautés, processus d’entreprise, régulation de l’action publique, relation de « consommation » dans l’accès aux biens de consommation ou entre public et artistes, etc.) et à la manière dont les nouvelles formes d’écriture et de lecture numérique sont susceptibles d’enrichir les médiations ou d’en suggérer de nouvelles interprétations.

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