Archives de l’auteur : Gérald Kembellec

Livre Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques

Thématique : Interfaces

Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques

Humanités numériques et construction des savoirs

Février 2017, ISTE éditions, Londres
ISSN : 978-1-78405-220-1
eISNN : 978-1-78405-220-0

Résumé

Les pratiques liées aux usages de lecture « savante » se sont perpétuées au cours des siècles et les annotations sont elles-mêmes devenues objets d’études, comme plus-values des textes originaux et documents. Historiquement reconnues depuis le XIIe siècle, les premières techniques de lecture dites « savantes » réunissaient la lecture et l’écriture dans un processus de lettrure, mêlant lecture attentive et commentaire. Le web a transformé cette activité par l’ajout de couches techniques concernant à la fois les processus d’écriture et de lecture, mais aussi la circulation des textes, leur augmentation potentielle et réalisée, leur diffusion et leur réception.
Cet ouvrage a pour objectif d’examiner à l’heure de l’écrilecture informatisée les conditions matérielles de co-construction des savoirs scientifiques et leur augmentation. Sont donc présentés ici des études et retours d’expérience concernant les processus intellectuels instrumentés, les espaces de critique ouverts, l’édition savante collaborative, les modalités de circulation et de médiatisation des savoirs, les techniques élaborées et les outils employés.

Couverture de l'ouvrage "Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques"

Couverture de l’ouvrage « Ecrilecture augmentée dans les communautés scientifiques »

Coordonnateurs :

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Evelyne BROUDOUX
Dicen-IdF
CNAM
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Gérald KEMBELLEC
CNAM
Dicen-IdF
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Auteurs :

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Francesco BERETTA
Pôle Histoire numérique, Larha-CNRS UMR5190
CNRS
Lyon

Thomas BOTTINI
Dicen-IdF
CNAM
Paris

Evelyne BROUDOUX
Dicen-IdF
CNAM
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Lisa CHUPIN
Dicen-IdF
CNAM
Paris

Camille CLAVERIE
Dicen-IdF
Université Paris-Ouest
Nanterre

Viviane CLAVIER
Gresec
Université Grenoble-Alpes
Grenoble

Hans DILLAERTS
Ceric-Lerass
Université de Montpellier 3
Montpellier

Marc JAHJAH
Cresat
Université de Haute-Alsace
Mulhouse

Gérald KEMBELLEC
CNAM
Dicen-IdF
LabEx HASTEC (ANR‐10‐LABX‐85)
Paris

Rosemonde LETRICOT
Larha-CNRS UMR5190
Université Jean Moulin Lyon 3
Lyon

Annaïg MAHÉ
URFIST de Paris
Université Paris-Sorbonne
Dicen-IdF
Paris

Céline PAGANELLI
Université de Montpellier 3
Ceric-Lerass
Montpellier

Lise VERLAET
Université de Montpellier 3
Ceric-Lerass
Montpellier

Manuel ZACKLAD
CNAM
Dicen-IdF
Paris

Parution d’un numéro de la revue I2D, avec un dossier thématique sur le Web de données sous la co-direction de Gérald Kembellec et Camille Claverie
pour l’ADBS.

Couverture du numero de juin 2016

DOSSIER. Web de données et création de valeurs : le champ des possibles, Dossier réalisé sous la direction de Camille PRIME-CLAVERIE (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) et Gérald KEMBELLEC (Cnam), introduction page(s) 28 à 29

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 1 – WEB DE DONNÉES, UN ENJEU POUR LES BIBLIOTHÈQUES, page(s) 30 à 41

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 1 – Le web de données en contexte bibliothécaire, Gérald KEMBELLEC, page(s) 30-31

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 1 – Comprendre les standards du web de données, Bruno MENON, page(s) 32-34

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 1 – De la SDN à la Nuit debout : les métadonnées et les enjeux de gouvernance internationale, Vincent BOULET, page(s) 35-36

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 1 – Web de données et bibliothèques : l’évolution du modèle d’agrégation des données, Emmanuelle BERMÈS, page(s) 37

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 1 – Démarche et usage de données liées pour le registre ReLIRE, Benjamin DUHAMEL, page(s) 38-39

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 1 – Des APIs Istex et Base pour les bibliothèques d’enseignement supérieur de Saint-Étienne, Caroline BRULEY, David VARENNE, page(s) 40-41

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – WEB DE DONNÉES, CULTURE ET RECHERCHE, page(s) 42 à 53

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – Linked science et web de données, Camille PRIME-CLAVERIE, page(s) 42-43

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – Isidore Suggestion, des recommandations de lecture pour les blogs de science, Stéphane POUYLLAU, page(s) 44

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – Des textes augmentés avec les données du Web, Thomas FRANCART, page(s) 45

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – Le développement du web des données culturelles. Les enjeux pour le ministère de la Culture et de la Communication, Bertrand SAJUS, Marie-Véronique LEROI, page(s) 46-47

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – L’enjeu du web de données pour les éditeurs, Jean-Paul JORDA, page(s) 48

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – L’enjeu du web de données pour l’édition scientifique, Lise VERLAET, Hans DILLAERTS, page(s) 49

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – DBpédia.fr : retour sur la publication de données de la culture française, Fabien GANDON, Raphaël BOYER, Alexandre MONNIN, page(s) 50-51

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 2 – Re-Source, une archive en temps réel pour la publication et la production, Alexandre MONNIN, Jérôme DENIS, Nicolas DELAFORGE, page(s) 52-53

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – WEB DE DONNÉES, PRATIQUES ET USAGES « MÉTIERS », page(s) 54 à 67

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – Du web sémantique au web des données, quels enjeux professionnels ?, Jean CHARLET, Gérald KEMBELLEC, page(s) 54-55

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – Données liées et documentation médicale, Jean CHARLET, page(s) 56-58

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – OntoToxNuc : recherche d’information et enjeux pour la collaboration et la valorisation, Anne-Claire LE PICARD, page(s) 59

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – Enrichissement d’une base documentaire pour un système de recommandation dans le tourisme, Hacène CHERFI, Ghislain ATEMEZING, Florence AMARDEILH, François ROUZÉ, page(s) 60-62

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – Écrire avec une machine à calculer, écrire pour une machine à calculer, Stéphane CROZAT, page(s) 62-64

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – Que voit réellement Google de la sémantique des pages web ?, Gérald KEMBELLEC, page(s) 65

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles. Pôle 3 – ELI : une « mise en lien » des textes juridiques européens, Thomas FRANCART, Jean DELAHOUSSE, page(s) 66-67

Web de données et création de valeurs : le champ des possibles . Dossier. Sources & ressources. , Sélection proposée par Adriana Lopez-Uroz (Cnam-INTD), page(s) 68-69

Colloque : Une nouvelle histoire de la critique d’art à la lumière des humanités numériques ?

Logo du projet critiques

Logo du projet critiques

Une nouvelle histoire de la critique d’art à la lumière des humanités numériques ?

(du milieu du XIXe siècle à l’Entre-deux-guerres)

Lien sur Calenda

Colloque organisé par Anne-Sophie Aguilar (Paris 1, HiCSA), Eléonore Challine (ENS Cachan), Christophe Gauthier (Ecole nationale des Chartes), Marie Gispert (Paris 1, HiCSA), Gérald Kembellec (CNAM, Dicen-IdF), Lucie Lachenal (Paris 1, HiCSA), Eléonore Marantz (Paris 1, HiCSA), Catherine Méneux (Paris 1, HiCSA).

Paris, galerie Colbert de l’INHA le 18 mai 2017 et École des Chartes le 19 mai 2017

LE PROGRAMME DE RECHERCHE « BIBLIOGRAPHIES DE CRITIQUES D’ART FRANCOPHONES »

Initié en 2014 et soutenu par le Labex CAP, la Comue Hésam, l’HiCSA et l’Université Paris 1, le programme de recherche « Bibliographies de critiques d’art francophones » réunit une équipe interdisciplinaire d’historiens de l’art, de l’architecture, du cinéma, de la photographie et de spécialistes des sciences de la communication et de l’information. Il a pour objectif de valoriser la recherche dans le domaine de la critique d’art en mettant à disposition des chercheurs les bibliographies primaires de critiques d’art existantes. Les références bibliographiques seront relatives aussi bien aux beaux-arts qu’à l’architecture, aux arts décoratifs, à l’affiche, à la photographie, au cinéma, mais aussi à la littérature ou à la politique si les critiques ont écrit sur ces sujets.

Le socle de ce programme est la réalisation d’un site internet. Ce site contiendra un répertoire monographique permettant d’accéder à une page par critique, comprenant des documents .pdf téléchargeables (bibliographie primaire du critique, bibliographie sur le critique, sources d’archives), signés par les chercheurs qui les ont élaborés et édités par l’équipe du programme de recherche ; il ouvrira également sur une base de données répertoriant l’ensemble des références présentes dans les bibliographies primaires des critiques d’art mises en ligne ; enfin, le site proposera un annuaire des chercheurs ayant collaboré au projet.
Ce site internet sera lancé fin décembre 2016 et sera présenté au public et aux spécialistes lors d’une journée d’étude inaugurale le 3 février 2017. Outil pratique mis à disposition des chercheurs, il soulève également un certain nombre de questionnements théoriques. Ce colloque souhaite donc à la fois exploiter les possibilités de la base et réfléchir à ses répercussions dans l’approche de la critique d’art.

APPEL A COMMUNICATIONS

Compris dans un premier temps comme un simple outil d’une histoire de la réception des œuvres, les écrits relevant de la critique d’art ont souvent été cités sans tenir compte du contexte de leur énonciation et surtout de l’identité de leurs auteurs. Si les études monographiques de qualité se sont récemment multipliées, on observe que la médiation des connaissances sur la critique d’art continue de passer par des corpus fragmentés et des anthologies. Aujourd’hui, les outils numériques permettent d’aller plus loin, et de proposer des modèles d’organisation et de diffusion du savoir qui envisagent différemment la critique d’art, loin de son statut de simple marginalia de l’œuvre commentée. Partant de ce constat, le programme de recherche Bibliographies de critiques d’art francophones (Labex CAP, HeSam université, Université Paris 1) lancera à la fin de l’année 2016 un site proposant non seulement la bibliographie complète d’auteurs ayant exercé la critique d’art mais donnant également la possibilité de faire des recherches par champ (date, revue, auteur, etc.).

Plus qu’un simple outil documentaire, ce futur site permet de revoir en profondeur la manière d’aborder la critique d’art et les critiques d’art. Non discriminant, puisqu’il ne prévoit pas de typologie ou de classement autre que le support de diffusion du texte (article, ouvrage ou chapitre d’ouvrage), interdisciplinaire, ce site ne vise pas à l’appréciation de la valeur critique du texte – éminemment subjective – au profit d’une vision d’ensemble de la production littéraire des auteurs concernés, quel que soit le champ artistique sur lequel leur regard s’est porté (photographie, cinéma, beaux-arts, architecture, etc.). Il permet ainsi une approche renouvelée à la fois de la production critique de chaque auteur – aucun texte ne prenant le pas sur un autre – et sur la critique d’art en général dont le champ se voit élargi à une grande diversité à la fois d’objets et de supports. Ce sont ces renouvellements, qui sont également des questionnements théoriques, que le colloque se propose d’aborder selon quatre axes.

  1. Faire carrière
  2. Privilégiant les critiques d’art à la critique d’art, le site affirme tout d’abord une approche monographique qui pose un certain nombre de questions. Prendre en compte l’ensemble des écrits d’un auteur ayant exercé la critique en envisageant le temps long permet ainsi de s’interroger sur son positionnement dans un champ, littéraire, artistique, voire commercial pour les arts qui sont aussi des produits de consommation, et sur l’évolution de ce positionnement. Peut-on, à proprement parler, utiliser le terme de « carrière » pour un critique et comment en déterminer les étapes à la fois professionnelles et intellectuelles ? Comment cette « carrière » peut-elle se construire face à la nécessité de rendre compte d’une actualité artistique toujours plus dense ? Peut-on, pour des domaines plus neufs ou plus techniques comme ceux de l’architecture, du cinéma ou de la photographie, véritablement parler de critique d’art professionnel ?

  3. Masse critique
  4. Proposer des bibliographies à finalité exhaustive suppose de prendre en compte l’ensemble des écrits d’un critique dans une approche qui ne soit plus qualitative mais quantitative. La « masse critique » ainsi dégagée suppose une réévaluation des corpus. Dans quelle mesure permet-elle une réflexion sur la place de certains textes, non plus donnés isolés mais réinscrits dans une histoire et dans un corpus, dans une sorte de génétique de la critique qui permettrait de déconstruire certains mythes fondateurs. Comment ces textes ont-il pu faire l’objet de refonte et de réédition et avec quelles conséquences ? Mais cette masse critique peut engager également à une approche statistique ou plus sociologique, posant la question de la constitution d’une expertise et de l’existence d’une « critique moyenne ».

  5. Nouveaux corpus
  6. Au sein de cette « masse critique », certains types de textes ou de supports souvent minorés retrouvent leur place dans la production d’un critique. La confrontation de bibliographies exhaustives permet ainsi de mettre en lumière une nouvelle manière de faire de la critique d’art à cette période et pose la question des supports et formes de publication. Quelles sont les nouvelles formes que prend cette critique d’art, enquêtes ou interviews d’artistes ou de collectionneurs par exemple ? Quel est le rôle joué par les préfaces de plus en plus nombreuses écrites par les critiques d’art dans les catalogues de revues et comment leur étude peut-elle permettre de réfléchir par des cas concrets au fameux système « marchand critique » ? Du côté des supports, on peut s’interroger sur la place prise par les quotidiens dans le champ critique mais aussi sur la manière dont s’articulent, pour l’architecture, le cinéma ou la photographie, écrits dans les revues techniques et écrits dans les revues artistiques.

  7. Au-delà de la critique d’art
  8. Interdisciplinaire, la base/le site met également en lumière la polygraphie essentielle des auteurs ayant pratiqué la critique. Souvent touche-à-tout, ils s’intéressent à des domaines très différents, fréquemment dictés par l’actualité, ce que permet de montrer une bibliographie exhaustive. Cependant, une fois ce constat posé, la confrontation entre les textes continue de poser un certain nombre de questions. Existe-t-il encore des champs spécifiques, par exemple pour les arts décoratifs ? Le fait d’écrire sur plusieurs media suppose-t-il une certaine analogie dans la structuration de nouveaux champs ? Comment évolue l’idéal d’unité des arts à la lumière de ces écrits sur l’art et de leurs supports ? Y a-t-il une approche spécifique d’ensembles nouveaux, de pratiques nouvelles, qu’elles soient considérées ou non comme artistiques, par exemple dans le champ politique ?

    Les propositions de communication, d’une page maximum, et indiquant les principales sources utilisées, sont à adresser avec un CV avant le 2 novembre 2016 à :
    Anne-Sophie Aguilar (anso.ag@free.fr), Eléonore Challine (eleonore.challine@ens-cachan.fr), Christophe Gauthier (christophe.gauthier@enc-sorbonne.fr), Marie Gispert (marie.gispert@wanadoo.fr), Lucie Lachenal (lucielachenal@free.fr), Eléonore Marantz (eleonore.marantz-jaen@univ-paris1.fr) et Catherine Méneux (catherine.meneux@orange.fr).

    Les réponses seront communiquées au plus tard le 9 janvier 2017.

Big data – Open data, actes de la conférence Document numérique et société

Big data – Open data

Quelles valeurs? Quels enjeux?

Sous la direction de : Evelyne Broudoux, Ghislaine Chartron
Collection : Information & Stratégie
Editeur : De Boeck Supérieur

Big data - Open data Quelles valeurs? Quels enjeux?  Sous la direction de : Evelyne Broudoux, Ghislaine Chartron, Collection : Information & Stratégie Editeur : De Boeck Supérieur

Du Big Data à l’Open Data, les enjeux techniques, sociétaux et industriels de l’exploitation massive de données informationnelles en ligne.
Depuis 2006, la conférence « Document numérique et société » se donne pour mission d’apporter des éclairages sur les transformations des dispositifs d’information à l’ère numérique, en privilégiant la dimension sociale.

Cette 5e édition se focalise sur l’effervescence autour du Big data et de l’Open data qui anime autant les milieux d’affaires que les gouvernements et les scientifiques. Elle s’explique par l’interconnexion généralisée transformant l’économie des services et les internautes en fournisseurs de données, mais également par l’importance grandissante de l’internet des objets et, d’une manière générale, par les capacités computationnelles qui traitent désormais l’information sur toute sa chaîne de production-diffusion et transformation.

Cet ouvrage rassemble les textes présentés lors du colloque de Rabat les 4 et 5 mai 2015, des recherches théoriques, expérimentales et des analyses critiques qui s’inscrivent dans la perspective des études sur le phénomène du Big data et de l’Open data en termes d’enjeux pour nos sociétés et de création de valeurs.

  • Pour les professionnels de la documentation ;
  • pour les chercheurs et enseignants en information et documentation ;
  • pour les étudiants en Humanités numériques.

Appel à communication : Écrilecture augmentée dans les communautés scientifiques

Labex Hastec

Humanités numériques et construction des savoirs (extension de la date de soumission de résumé)

Le web et les technologies associées au lien hypertexte sont à l’origine d’environnements de lecture enrichie dont nous avons commencé à établir une photographie sous plusieurs angles : celui de l’innovation logicielle et ceux des usages actuels et à venir. Cette lecture enrichie qui repose sur des actes scripturaux nous a incités à reprendre le concept d’écrilecture théorisé par Pedro Barbosa dans sa thèse de 1992 et né de la rencontre des pratiques littéraires créatrices avec l’ordinateur. Alain Vuillemin l’avait repris pour caractériser ce nouveau comportement du lecteur entraîné dans des manipulations créatrices face à l’écran. Nous situons l’écrilecture dans l’évolution des pratiques historiques de construction de l’érudition et pensons à la « lettrure » observée dès le moyen âge qui, comme le rappelle Emmanuel Souchier, désignait une seule et même activité. Réservées à une élite de « lettrés », la lecture et l’écriture étaient pensées comme un seul processus, constitué par des actions liées et complémentaires dans lesquelles l’activité de lecture, hautement structurante, permettait au récepteur de la connaissance construite de devenir acteur par l’enrichissement des idées transmises. Ce procédé intervenait par capitalisation intellectuelle et agrégation avec sa réflexion dans une transformation scripturale et pouvait être matérialisé sur le support physique au moyen de marginalia, notes de bas de page et autres annotations. Aujourd’hui, les processus d’écrilecture sont soutenus par de multiples fonctionnalités logicielles et rendus autonomes par raisonnement computationnel sur la sémantique.

Les pratiques liées aux usages de lecture « savante » se sont perpétuées au cours des siècles et les annotations sont elles-mêmes devenues objets d’études, comme plus-values des textes originaux ou documents à part entière. Les enrichissements peuvent être observés sous un angle épistémologique par la construction de l’autorité, ou sous des éclairages philologiques, paléographiques sur les documents originaux ou encore prosopographiques en éditorialisant les biographies et bibliographies d’auteurs enrichies de notices d’autorité. Si nous observons, par exemple les collections léguées à des musées et bibliothèques, les notes manuscrites ajoutées par leurs propriétaires aident à la réception située des œuvres, à comprendre leurs inspirations et l’interprétation spécifique qu’ils avaient des ouvrages étudiés. Le commentaire, la critique implicite ou explicite des écrits sont en effet de précieux atouts pour juger, en complément de l’œuvre, de la compréhension d’un auteur sur des écrits antérieurs et de sa réception sur le sujet traité, tout du moins la manière de le traiter. La posture épistémologique émerge donc parfois de manière implicite par l’analyse des corpus d’annotation, mais parfois aussi de manière très explicite par la critique annotée dans les ouvrages étudiés.

D’une manière générale, l’écrilecteur est un sélectionneur, un acteur qui de par ses pratiques est directement associé à la transformation du texte lu et plus généralement des documents – sous la forme d’annotations et de commentaires. En effet, la typologie documentaire fait ressortir la pluralité de matérialités d’objets observés et des grilles de lecture associées. Si un certain nombre d’outils d’écrilecture ont été élaborés ces vingt dernières années dont il serait utile de dresser des typologies et des bilans d’appropriation par les communautés concernées, de nouveaux modèles sont en cours d’élaboration. Souvent basés sur l’enrichissement automatisable des références, ces nouveaux modèles interrogent la notion d’augmentation qui – évoquons le point de vue d’H. Arendt – provient de l’autorité : ce que l’autorité augmente c’est la fondation (augmenter = augere). Rappelons que cet objectif d’augmentation a concerné « l’intelligence humaine » dès les années 1960 avec NLS (oN-Line System), le dispositif logiciel issu du projet de recherche de Douglas Engelbart intitulé « Human augmentation framework ». Dès ses origines, le Web était éditable depuis Nexus, le premier navigateur pensé par Tim Berners Lee. Une approche historique retraçant les grandes étapes de l’écrilecture informatique pourrait mettre en perspective l’entrelacement de l’ingénierie avec les approches des sciences humaines et sociales.

La multiplication potentielle des fonctionnalités interroge la qualité de la lecture et ses modifications : quels défis sont à relever par l’enseignement face aux lectures close, hyper et machine décrites par Katherine Hayles ? Quelles conséquences pour la lecture face à sa verticalisation ?

Les données scientifiques, textuelles ou multimédias, sont numérisées à grande échelle par les communautés scientifiques, les États et les sociétés privées. Avec l’avènement du Web social et de la sémantique proposée par les contenus liés sur le Web dans les moutures successives pensées par Tim Berners Lee, il est devenu possible de transposer de manière systématique, sinon aisée les corpus documentaires des sciences humaines vers un espace numérique accessible unique accessible à tous de manière simultanée et de les lier pour en faciliter l’exploitation savante dans l’idée de ce que l’on appelle les humanités numériques.

Certaines productions documentaires scientifiques nativement numériques, multi, cross et transmédias reposent sur la collaboration massivement distribuée (citizen science) ou internalisent la réception des publics. De nouveaux modèles éditoriaux restent donc à imaginer où les réponses des lecteurs pourraient augmenter et diversifier les corpus « sémantisés », leur exposition peut en être facilitée si une indexation adéquate a été réalisée sur les plateformes de diffusion.

Nous appelons donc, à la suite du séminaire « Ecrilecture », les membres de la communauté scientifique à partager leurs réflexions et retours d’expérience sur le sujet de la co-construction d’un savoir scientifique grâce à des approches innovantes de médiation. Sont attendus pour ce livre, des propositions de chapitres concernant la théorie, les études de cas et les retours d’expérience touchant aux domaines suivants :

  1. Coordination numérique de la construction des savoirs collectifs ;
  2. Construction de la connaissance scientifique par l’annotation ;
  3. Aspects conceptuels : modélisation et réalisation de dispositifs adaptés à l’écrilecture, nouveaux modèles de documents scientifiques ;
  4. Médiation et vulgarisation scientifique en contexte dans le temps et l’espace (géolocalisation / chrono-tagging…) : méthodologies de construction des savoirs augmentés personnalisables par la sémantique (recommandation, détection d’entités nommées, facettes …) ;
  5. Retours d’expériences sur les projets de corpus « sémantisés », l’importance de l’éditorialisation des métadonnées ;
  6. Entrepôts de la science, matière première des humanités numériques : description, normes et interaction ;
  7. Bibliographies scientifiques annotées : l’intérêt d’une approche collaborative dans les unités de recherche ;
  8. Aspects sociohistoriques de la construction de l’écrilecture informatique.

Format

  • Évaluation en double-aveugle
  • Volume des chapitres : entre 30 et 35 000 signes (espaces compris)

Calendrier

  • 7 septembre 2015 21 septembre 2015(prolongation) : date limite d’envoi des résumés d’une page accompagnés d’une courte bibliographie à gerald.kembellec@cnam.fr et evelyne.broudoux@cnam.fr
  • 23 octobre 2015 9 novembre 2015 : notification de sélection des résumés
  • 25 janvier 15 février 2016 (prolongation): réception des chapitres (télécharger la feuille de style)
  • 18 avril 2016 25 mai : retours des évaluateurs
  • 25 avril 2016 10 juin: notification aux auteurs
  • 15 juillet 20161 septembre 2016 : réception des chapitres définitifs, à gerald.kembellec@cnam.fr et evelyne.broudoux@cnam.fr
  • 30 septembre 2016 : envoi des chapitres à l’éditeur
  • Parution en décembre 2016 ou janvier 2017.

Comité scientifique :

  • Aurélien Berra (Paris-Ouest, ArScAn)
  • Evelyne Broudoux (Cnam, Dicen)
  • Ghislaine Chartron (Cnam, Dicen)
  • Orélie Desfriches-Doria (Lyon 3, Elico)
  • Laurence Favier (Lille 3, Geriico)
  • Luc Grivel (Paris 1, Paragraphe)
  • Gérald Kembellec (Cnam, Dicen)
  • Olivier Le Deuff (Bordeaux Montaigne, Mica)
  • Julie Lemarié (Toulouse Le Mirail, CLLE)
  • Annaig Mahé (ENC/Urfist, Dicen)
  • Louise Merzeau (Paris-Ouest, Dicen)
  • Camille Paloque-Berges (Cnam, HT2S)
  • Loïc Petitgirard (Cnam, HT2S)
  • Alexandra Saemmer (Paris 8, CEMTI)
  • Brigitte Simonnot (Université de Lorraine, Crem)
  • Florence Thiault (Lille 3, Geriico)

Éditeur :

ISTE éditions.

Séminaire Ecrilecture

Labex Hastec

Programme

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Nouvel ouvrage : Les moteurs et systèmes de recommandation

Parution d’un ouvrage sous la direction de Gérald Kembellec, Ghislaine Chartron et Imad Saleh
chez ISTE Éditions dans la collection « Systèmes d’information, web et informatique ubiquitaire ». 228 pages.

Couverture de la version française de l'ouvrage

Couverture de la version française de l’ouvrage


ISBN : 978-1-78405-041-2 (papier)
ISBN : 978-1-78406-041-1 (ebook)
cet ouvrage a été traduit en anglais
Cover of the Recommender Systems book
ISBN : 978-1-84821-768-3 (paper)
ISBN : 978-1-11905-425-2 (Online)
DOI : 10.1002/9781119054252

Résumé
Plébiscités par les différentes plateformes de contenus (livres, musiques, films) et par les sites de ventes en ligne, les systèmes de recommandation sont des éléments-clés des stratégies numériques. Si leur développement visait à l’origine la performance des systèmes d’information, les enjeux se sont aujourd’hui massivement déplacés sur des logiques d’optimisation de la relation client, avec comme objectif principal de maximiser les ventes potentielles.

D’approche transdisciplinaire, Les moteurs et systèmes de recommandation réunit des contributions liant sciences de l’information et de la communication, marketing, sociologie, mathématiques et informatique. Il traite de la compréhension des modèles sous-jacents aux systèmes de recommandation et détaille leur mise en perspective historique. Il analyse également leur développement dans les offres de contenus et évalue leur impact sur le comportement des usagers.

Sommaire

  1. Avant Propos
    Par Imad Saleh
  2. Introduction générale aux systèmes de recommandation
    Par Ghislaine Chartron et Gérald Kembellec
  3. Partir des usages pour analyser les systèmes de recommandation : le cas des médias sociaux
    Par Jean-Claude Domenget et Alexandre Coutant.
  4. Systèmes de recommandation et réseaux sociaux, quelles implications pour le marketing digital ?
    Par Maria Mercanti-Guérin
  5. Recommandeurs et diversité : exploitation de la longue traîne et diversité des listes de recommandations
    Par Muriel Foulonneau, Valentin Grouès, Yannick Naudet, et Max Chevalier
  6. iSoNTRE : transformateur intelligent de réseaux sociaux en environnement de moteurs de recommandation
    Par Rana Chamsi Abu Quba, Salima Hassas, Usama Fayyad, Hammam Chamsi et Christine Gertosio
  7. Une approche de recommandation par niveau de classification à facettes pour la recherche documentaire
    Par Manel Hmimida et Rushed Kanawati
  8. Combiner configuration et recommandation afin de permettre un guidage interactif de configuration par ligne de produits
    Par Raouia Triki, Raúl Mazo et Camille Salinesi
  9. Espace sémiocognitifs : les frontières des systèmes de recommandation
    Par Hakim Hachour, Samuel Szoniecky et Safia Abouad
  10. Le marché francophone de la prescription littéraire en réseaux
    Par Louis Wiart
  11. Présentation de l’offre de services : Babelio, un moteur de recommandation dédié aux livres
    Par Vassil Stefanov, Guillaume Teisseire et Pierre Frémaux
  12. Présentation de l’offre de services : Nomao, systèmes de recommandation et recherche d’information
    Par Estelle Delpech, Laurent Candillier et Étienne Chai

Le comité de lecture
Évelyne Broudoux
Camille Prime Claverie
Orélie Desfriches Doria
Lucile Desmoulins
Widad Mustafa el Hadi
Camille Paloque-Berges
Sahbi Sidhom
Isis Truck
Les coordonnateurs
Gérald Kembellec, Ghislaine Chartron et Imad Saleh (Laboratoire Paragraphe).